Archives mensuelles : septembre 2012

Le fédéralisme c’est maintenant!

Qu’est-ce que le fédéralisme?

C’est une manière de vivre solidairement entre des Etats différents tant par leur langue que leur culture, leur histoire etc. Dans un article précédent je faisais part de ma crainte de l’impossibilité actuelle d’envisager un fédéralisme européen tant est encore intense la lutte entre les États européens pour l’hégémonie, surtout entre ce qui concerne les plus grands en population d’entre eux. Je voyais davantage, malheureusement, un abandon de l’Euro et un retour aux monnaies nationales, au moins provisoirement, en attendant que les peuples se décident à abandonner leur souveraineté étatique historique. Il est vrai que les tendances nationalistes que l’on perçoit dans l’Europe toute entière ne nous incite pas à envisager des perspectives où la coopération, la compréhension, la solidarité et l’égalité seraient au cœur d’un projet commun. Mais les choses peuvent très vite changer devant la nécessité et provoquer un réflexe général de survie qui dépasserait les égocentrismes nationaux. En fait, je pense que ce que l’on appelle égoïsme national n’est rien d’autre que la défense opiniâtre des politiciens européens de leurs privilèges respectifs. Ce ne sont pas les peuples qui sont égocentriques mais leurs représentants. Je pense que les peuples sont davantage prêts au fédéralisme que les « élites » politiques qui ne s’acharnent qu’a sauvegarder leur prébendes et sont prêt à tout pour cela. Ils inventent et entretiennent des peurs, comme tous les gens de pouvoir depuis longtemps, pour le garder. Et ce n’est certes pas la dernière campagne électorale en France qui pourrait nous faire penser le contraire. Ce qui change aujourd’hui c’est que les peuples ne sont plus, comme au temps de l’Église romaine, ignares et illettrés et où la crainte de l’enfer suffisait à les faire taire. Depuis, nous avons eu Spinoza, l’invention de la démocratie moderne, la séparation des églises et de l’État et l’éducation généralisée qui permet à chacun d’avoir les moyens critiques de la raison. S’ajoute à cela aujourd’hui, la technologie numérique qui permet la construction inopiné d’expression démocratique tel que l’avait définie Aristote (ou chaque orateur peut se faire entendre de tous). Et cela change tout, comme nous avons pu le voir récemment dans les pays arabes, mais aussi dans d’autres pays où le processus de démocratisation n’en est qu’à ses débuts. Je pense que le fédéralisme européen peut aussi être imposé par les peuples en utilisant les outils démocratiques trans-étatiques: internet et les réseaux sociaux. Car nous devons désespérer (il faut laissé l’espoir aux marchands d’espoir en tous genres) du courage de nos représentants à renoncer à leurs prérogatives. Après tout, on peut les comprendre. Mais n’oublions pas qu’en démocratie ce ne sont pas les élus qui ont le pouvoir, mais celui qui les a élu pour leur confier la responsabilité de les représenter provisoirement: le peuple. Mais la démocratie ne s’arrête pas aux élections, même si cela semble le cas pour beaucoup d’entre nous. Le pouvoir est toujours au peuple et aujourd’hui pas seulement dans les grandes déclarations constitutionnelles mais est rendu effectif par la technologie moderne. N’oublions pas aussi que la démocratie n’est qu’un technique pour vivre ensemble et prendre des décisions communes et il est évident que les formes démocratiques institutionnalisées il y a deux siècles n’ont pas encore été mis à jour par les nouvelles techniques de communications. C’est notre tâche actuelle.