Présentation

Rapide présentation de la théorie de l’informotion générale (TIG)

La TIG est une théorie générale, mais qu’entendons-nous par là? Premièrement le contraire d’une théorie du Tout. La TIG se présente avant tout comme une technique particulière de pensée. Elle se fonde sur une axiomatique d’un nouveau type, et des principes éthico-paradigmatiques. Théorie n’est pas non plus entendue comme explication ou modélisation de quoi que ce soit. La TIG est une technique de pensée parmi d’autres, et ce qui la distingue c’est sa volonté de déhiérarchiser les disciplines et de les décloisonner. En ce sens, toutes les propositions de la TIG sont épistémiquement équivalentes.

Ce qui caractérise encore la TIG, c’est qu’elle peut faire des propositions et des réinterprétations sans autre considération que l’intérêt humain qui se trouve mis en jeu, sans avoir à tenir compte des cloisonnements disciplinaires. La TIG cultive également le rapport le plus libre avec les concepts que nous employons et que nous considérons comme des productions humaines et non comme des reflets d’autre chose. La TIG est elle-même conçue comme une telle production. Sa fécondité repose sur sa cohérence, sa possibilité de transformation et l’usage que nous en faisons. Les concepts de chômage et d’électron sont en ce sens équivalents en ce qu’ils expriment non pas ce que la philosophie nomme des objets, mais des rapports humains – et non pas, pour faire une parenthèse philosophique, comme Wittgenstein aurait dit, des « jeux de langage »; en effet, nous considérons qu’un jeu est un type de rapport humain (nous en considérons six autres), et le langage est utilisé dans tous les types de rapports humains, l’expression « jeux de langage » est une sorte de pléonasme en ce qu’elle laisse entendre que langage n’est utilisé que dans le cadre d’un jeu; nous proposons plutôt l’expression « langage de jeu », car il y a aussi des langage de rivalité, des langage de convivialité, des langages d’amitié, des langages de coopération, des langages amoureux, des langages d’autorité, et ainsi de suite). Or les rapports humains et la construction du monde humain, c’est justement ce qui nous préoccupe. Nous considérons que les problèmes humains deviennent d’autant plus complexes que nous devons faire preuve de plus en plus d’audace et de moins en moins de dogmatisme.

Notre entreprise ne s’inscrit donc dans aucune quête de « vision du monde », non plus que dans une « explication du monde ». Nous avons laissé tomber l’idée que le monde humain avait une finalité. Cette perspective inclut aussi bien les fins économico-politiques que scientifiques, que nous ne distinguons pas. Nous récusons toute idée de progrès aussi bien politique que scientifique. Ni futur enchanteur, ni passé nostalgique, mais un présent à construire. Nous ne cacherons donc pas nos écrits et nos paroles derrière le masque de l’objectivité, de la quête de la vérité et autres chimères qui occupent en vain les philosophes depuis environ 25 siècles. Nous revendiquons la responsabilité pleine et entière de nos paroles, et nous aborderons de même celles de nos contemporains; nous n’oublions pas que la philosophie, c’est-à-dire la métaphysique, a commencé avec Héraclite qui disait: ne m’écoutez pas, moi, écoutez mon discours. En conséquence nous n’accepterons que personne ne puisse nous dire que ce n’est pas elle ou lui qui parle, mais que c’est, suivant les cas, l' »Univers », la « Tradition », les « Lois de la Nature », ou encore la « Raison d’État » ou la « Vérité », qui parle à travers lui.

Nous voulons considérer désormais le projet humain que toute parole envisage de soutenir ou de mettre de place. Nous prendrons donc l’exact contre-pied du philosophe en disant: « je ne vous demande pas de m’expliquer ceci ou cela, je veux plutôt saisir le projet humain que vous soutenez dans les différents rapports que vous nouez avec vos semblables ». Telle nous paraît être la leçon a prendre de toutes les entreprises totalitaires de ce siècle. La TIG, en ce sens, est donc plutôt une misosophie ou mieux, une épistémothérapie.

Ainsi, une proposition, quelle soit scientifique ou non ne sera considérée ni sous l’angle d’une possible confirmation (dans le sens des positivistes), ni sous l’angle d’une possible réfutation (dans le sens de Popper); elle peut être sélectionnée, retenue, ou non comme brevet humain de socialisation.

Pour de plus amples détails sur la perspective proposée, se reporter aux ouvrages publiés en librairie et aux travaux du groupe (bulletins, articles… ).

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