THÉORIE DE L'INFORMOTION GÉNÉRALE, AXIOMATIQUE

 

Axiome 1

J'entends par informotion générale ou " (gI( " un processus intelligible irréversible que l'on concevra par des relations différentielles que l'on nommera niveaux d'informotion.

 

Axiome 2

L'axiome 1 entraîne l'intelligibilité dans un processus de fusion de concepts qui formera autant de principes ou relations d'équivalence qui devront être précisés au fur et à mesure de leur création.

 

Axiome 3

Les concepts accélération, complexification, sélection, différenciation et quantification fusionnent en un groupe intelligible noté " (gI( " de telle sorte que les cinq concepts précédents seront désormais pensés conjointement.

 

Axiome 4

Aucun niveau d'informotion n'est intégrable.

 

Axiome 5

  1. Une informotion relative au niveau n ou In est formalisée ainsi :

... ( in-2 ( in-1 ( In ( din-1 ( din-2 ( ... **1

    et se lit de gauche à droite et de droite à gauche de part et d'autre de "In";

  1. Les symboles " ( In ( din-1 ( ... " sont lus de gauche à droite et signifient: Incontient et est issu d'éléments informés " (gI( " du niveau " ( din-1 ";

  2. Les symboles " ... ( in-1 ( In ( " sont lus de droite à gauche et signifient: "In" est contenu dans le niveau " in-1 " et est issu d'éléments informés " (gI( " du niveau " in-1 ";

  3. Le symbole " d " de " din-1 " signifie que les éléments du niveau " din-1 " expriment une informotion " (gI( " du niveau " in-1 ".

 

Axiome 6

La liste des axiomes ne peut être qu'incomplète.

 

Définition 1

Les concepts processus et irréversibilité sont analogues. Ce qui signifie qu'on peut les utiliser indifféremment avec celui de " (gI( ". Voir axiome 2.

 

Définition 2

Les couples de concepts notés ainsi: espace/temps, particule/onde, digital/analogique, masse/énergie, structure/interaction, espèce/environnement, planète/orbite, etc. (à préciser), sont analogues à forme/mouvement, que l'on notera f/m. Cela signifie qu'ils expriment le même opérateur logique selon le In construit par l'intelligibilité dans le langage naturel. L'opérateur f/m exprime une relation d'équivalence entre mouvement et forme ainsi qu'entre les composantes des couples de concepts énoncés précédemment. Ce qui signifie qu'on ne peut considérer de forme sans mouvement, ni de mouvement sans forme, d'onde sans particule ni de particule sans onde, etc. Voir axiome 2.

 

Définition 3

Les concepts: fréquence, vitesse, rythme, constante et seuil sont analogues à In et f/m. Voir axiome 2.

 

Définition 4

Un In pensé comme une "duplication", une "autoréférence", une "auto-organisation", un "isomorphisme", un "hologramme", une "fractale", un "transfert", une "transmission", un "codage", une "homéostase", une "complétude", une "reproduction", une "intégration", une "identification", ou encore un "cercle vicieux"**2, est nommé impasse, dogme ou paradoxe. Voir axiome 3.

 

Définition 5

Les concepts: gravitation, rayonnement, calorisation, condensation, dissolution, minéralisation, organisation, prédation, métabolisation, socialisation, sexualisation, apprentissage, etc. (à préciser), expriment des modalités de " (gI( ". Voir axiome 2.

 

Définition 6

Le concept de "transformation" est inopérant ici, car le préfixe trans (comme dans transfert ou transmission) connote un changement d'espace et de temps sans changement de forme et de mouvement (ce qui serait incohérent puisque nous avons postulé qu'espace/temps et forme/mouvement forment une relation d'équivalence): rien ne se "transfert", ne se "transmet" ni donc, à proprement parler, ne se "trans-forme", c'est-à-dire change de forme sans changer de mouvement ou inversement; ou encore, selon notre terminologie, d'espace/temps ou de In. Cependant, pour des raisons didactiques et compte tenu des diverses connotations que véhicule le sens commun, nous utiliserons transformation dans un sens équivalent à informotion. Mais pour rendre compte du passage d'un niveau d'informotion à un autre, il vaudrait mieux utiliser le concept de transforme/mouvementation. Voir axiome 1.

 

Définition 7

On emploiera le terme de champ ( Iikjder.gif (881 octets) (ou, plus généralement, ( I ( pour désigner un groupe intelligible non intégrable (voir axiome 4) de niveaux d'informotion. On notera**3 :

( Iikjder.gif (881 octets) ( eg.gif (829 octets) ij ( Ik ( dij

Par exemple, les êtres humains (non pas l'ensemble mécanique**4 des individus, mais le processus ou l'informotion que constitue l'humanité) formeront un champ: le champ anthropo/social dont nous proposerons les différents niveaux d'informotion; de même, les planètes formeront un champ: le champ planétaire, etc. Les champs ont les mêmes propriétés logiques que les niveaux d'informotion. Voir axiome 5.

 

Définition 8

Les propositions "aucune création de niveau n'est prévisible" et "tous les niveaux créés sont uniques" sont équivalentes. Voir axiomes 3, 4 et 5.

 

Définition 9

Selon l'axiome 5, un champ ( I ( ne constitue, en aucune manière, un ordre hiérarchique**5. Car chaque niveau est issu, contient et est plus informé " (gI( " que l'"ensemble" ni fini, ni infini, ni "transfini"**6 des ( I ( qui le précèdent dans " (gI( ". Voir axiomes 2 et 5, note 5 et remarque 13.

 

Remarque 1

La différence entre ( I ( , f/m et impasse (voir définitions 3 et 4) ne se situe pas dans l'opération logique mais là où l'intelligibilité est prise dans une impasse, c'est-à-dire lorsqu'un ( I ( est considéré comme auto-référentiel ou encore comme référentiel absolu.

Ainsi les concepts suivants: le "principe d'inertie de Descartes-Galilée", la "vitesse c de la lumière dans le vide", le "big bang ou singularité logique", la "constante h de Planck", l'"hamiltonien de la fonction d'onde en mécanique quantique", le "principe d'incertitude", le "code (ou programme) génétique", l'"adaptation" des néo-darwiniens, la "conscience" et celui qui lui est nécessairement associé, la "connaissance", doivent être considérés ici comme des impasses.

 

Remarque 2

La présente théorie ne doit utiliser que des concepts qui expriment des processus et non des états ou des ensembles clos et intégrables. Ces derniers seront nommés métaphysiques, paradoxaux ou autoréférents. On évitera donc les concepts de "système", de "structure", d'"ensemble", de "classe", de "type", de "fonction" et autres équivalents, dans leur sens classique; ils peuvent cependant être employés sans inconvénient mais seulement dans un sens équivalent à In ou ( I ( .

On évitera donc aussi les maître-concepts types du même genre qui engendrent les paradoxes physiques actuels tels que "origine absolue", "fondement (ou particule) ultime", "univers" et c (en tant que référentiel d'inertie absolu). Voir axiomes 1, 2, 3, 4, 5 et 6.

 

Remarque 3

Il n'y a pas à choisir ici entre une conception "continue" ou "discontinue" du processus. Car ce qui paraît "continu" à un In se présente comme "discontinu" à un autre In. Il en va de même avec les concepts d'"individu" et de "population." Seules les logiques mécaniques engendrent cette polémique. Voir aussi les remarques 6 et 7.

 

Remarque 4

Les axiomes 3, 4 et 5 contraignent l'intelligibilité à ne concevoir que des processus et non des entités et à penser plusieurs concepts conjointement. Ainsi les concepts d'"intérieur" et d'"extérieur" sont inopérants ici à cause de leur connotation mécanique. Il n'y a plus en effet aucun sens à dire, par exemple, qu'une gamète est l'intérieur ou l'extérieur d'un organisme, ou qu'une idée est l'intérieur ou l'extérieur d'un individu. Les termes exprimant l'inclusion relative comme ("contient") et ("est contenu dans") utilisés dans l'axiome 5 sont désormais émancipés de tout caractère mécanique et statique, et doivent donc toujours être pensés conjointement avec ceux exprimant la génération ("est issu de") et l'informotion " (gI( ".

 

Remarque 5

Ce que nous appelons couramment "flux d'informations", que ce soit dans l'organisme, la société ou ailleurs, est en fait, du point de vue de " (gI( ", un champ que l'intelligibilité doit construire. Les concepts de "transfert d'information" et de "communication" utilisés aujourd'hui dans la plupart des activités et dérivés surtout de la cybernétique et de la "théorie de l'information" sont donc ici considérés comme des impasses. L'informotion générale n'est ni "transfert", ni "transmission", ni "communication" ni "duplication" ni, à proprement parler, "re-production". Ces notions proviennent soit d'une distinction soit d'une confusion mécanique entre les niveaux. Il en est de même pour le concept de "code" qui devient également équivalent à impasse. Voir définition 4 et remarque 2.

 

Remarque 6

La présente théorie considère aussi comme impasse les concepts métaphysiques (voir remarque 2) de "hasard" et de "déterminisme." Le concept de "hasard" repose ici sur une confusion de niveaux et celui de "déterminisme" repose sur un paradoxe du même type que celui de Russell (l'énoncé du tout ne comprend jamais celui qu'il l'énonce).

 

Remarque 7

Les querelles alimentées par les couples de concepts précédents "hasard-déterminisme", "discontinu-continu", voire "individu-population" et "digital-analogique", ainsi que par la notion commune d'"information" considérée comme un contenu fixe et duplicable (comme dans l'expression "le code génétique contient l'information de l'organisme") est due à une conception mécanique des opérations logiques non encore dégagée du paradigme classique cartésien-newtonien.

 

Remarque 8

L'activité scientifique ne "prévoit" que ce dont dépend et est issu l'exercice de la pensée humaine. Car la "prédictabilité" ne consiste pas à prévoir ce qui n'existe pas encore mais à créer de nouveaux In. "Prévoir" le mouvement des planètes est ainsi un abus de langage.

D'une manière générale, la "prévision", c'est-à-dire la reconnaissance de rythmes (f/m) plus lents que nos propres transformations, n'intéresse que les phénomènes moins informés " (gI( " que ceux se situant dans le champ anthropo/social. Pour saisir ce point capital il suffit de penser ceci: la science ne peut pas prévoir quelles seront les prochaines théories scientifiques ou les prochains autres événements humains. On emploie ainsi la notion de prévision dans deux sens différents:

  1. "Prévision" dans les niveaux d'information moins informés " (gI( " que le champ anthropo/social. La "prévision" signifie ici qu'on suppose que rien ne changera par rapport au modèle mécanique proposé comme explication. Ex: les rythmes planétaires. Il ne s'agit pas, en fait, de la prévision d'une changement mais, au contraire, du postulat d'un non-changement ou d'un rythme constant;

  2. Au contraire, la "prévision" dans le champ anthropo/social se présente comme un changement probable mais qui, bien sûr, n'arrive jamais. Voir aussi définition 8.

 

Remarque 9

Le concept de probabilité repose sur un confusion mécanique de niveau d'information; et, plus précisément, sur une confusion entre un champ et des niveaux qui le composent ou entre un champ et un des champs dont il est un niveau.

 

Remarque 10

Le concept de falsifiability (réfutabilité) proposé par Popper, qui ne se conçoit que comme un élan vers un "réel" postulé vrai a priori n'a aucun sens ici. Une théorie n'est pas ici une "connaissance" au sens philosophique de connaître le monde - c'est-à-dire d'émettre des propositions qui tendraient à être identiques, analogues ou isomorphes à lui-même -; ce sera, par définition, une expérience, c'est-à-dire une proposition d'informotion.

 

Remarque 11

La pensée qui définit la formalisation n'est pas elle-même considérée comme formelle. Ce qui toutefois ne la garantit pas de toute autoréférence ou tout paradoxe. La formalisation est nécessaire jusqu'à un certain point (ce point n'est pas prévisible mais c'est celui qui conduit justement à l'autoréférence ou à l'impasse), afin de rendre la théorie ni "molle" ni "cristallisée" (comme le célèbre cycliste de Poincaré). La formalisation permet aussi un apprentissage, et donc une information, plus facile et plus rapide de la théorie.

 

Théorème 1

Chaque niveau d'informotion contient (et est issu) d'éléments informés " (gI( " des niveaux qui le précèdent dans l'informotion générale.

Pour penser le passage entre un niveau In et In+1, nous écrirons la séquence formelle suivante:

si

... ( in-2 ( in-1 ( In ( din-1 ( din-2 ( ... (1)

 alors

... ( in-1 ( in ( In+1 ( din ( din-1 ( ... (2)

et ainsi de suite...

Toute informotion équivaut donc à un processus de création de niveaux (d'informotion) dont le rythme d'apparition pensé s'accroît avec le nombre de niveaux considéré. Cet accroissement illustre le principe d'équivalence entre accélération, complexification, sélection, différenciation et quantification.

Nous pouvons illustrer cette proposition générale en prenant comme exemple l'épigenèse. Chacun d'entre nous contient les f/m sélectionnées/accélérées/etc. " (gI( " au cours du processus informotionnel: depuis le rayonnement électromagnétique (et même en deçà) jusqu'aux idées, en passant par les organes, les cellules, les chromosomes, les séquences polypeptidiques et nucléiques, les macromolécules, les minéraux, etc. Et chacun d'entre nous contient (et est issu) les f/m sélectionnées/complexifiées/etc. " (gI( " au cours de l'informotion organique: les gamètes.

La gamétogénèse, puis l'épigenèse, recréent en accéléré/complexifié/sélectionné/etc. " (gI( " l'informotion organique, depuis les premières séquences nucléiques et polypeptidiques jusqu'à la cellule eucaryote: la gamète. La différence logique qui existe entre une gamète et une cellule eucaryote appartenant à une espèce actuelle, est que la première est la forme/mouvement organique la moins informée " (gI( " contenue dans la forme/mouvement la plus informée " (gI( " de l'évolution organique, tandis que la seconde est restée à un niveau relativement peu informé " (gI( " de l'informotion du champ organique.

Conséquemment, une gamète s'informe " (gI( " (ou se transforme) à un rythme infiniment plus rapide. Il a en effet fallu environ 3,6 milliards d'années d'essais et d'erreurs pour aboutir à l'homo sapiens (qu'il vaut logiquement mieux appeler homo socialis) à partir de la première séquence de nucléotides. Mais il faut seulement quelques heures, dès lors que les gamètes mâles et femelles se rencontrent, pour passer d'une cellule eucaryote à un être pluricellulaire, puis quelques mois pour donner un mammifère et quelques années encore pour donner un être social. Ce principe général n'est, en fait, que l'application de l'informotion générale au champ organique.

C'est pourquoi, contrairement au dogme actuel, l'informotion générale permet de dire que les "gènes" ne renferment ni "code d'instruction", ni "information." L'informotion n'est que le processus de création de niveaux logiques. La notion de "code" repose sur la confusion que j'ai relevée par ailleurs**7 entre reproduction de l'espèce et reproduction de l'individu. Et, surtout, sur l'idée paradoxale que "reproduction" signifie duplication. C'est pourquoi la génétique actuelle utilise la métaphore trompeuse de "code génétique" .

La notion de code génétique est donc homogène à l'idée néo-darwinienne selon laquelle les êtres vivants se "reproduisent" (c'est-à-dire se répliquent), par le génome séparé du phénome par la fameuse "barrière de Weismann"; et se transforment par mutations fortuites. La notion de code repose donc sur l'analogie que l'on postule entre ce qui est codé et le code lui-même. De ce fait il n'y a, entre le code et ce qu'il code, aucune évolution, aucune informotion (c'est-à-dire de création de nouvelles f/m); ce qui n'est, bien sûr, ni le cas chez les êtres vivants, ni même dans la nature dite physique ou physico-chimique - du Soleil aux planètes il y a bien création de nouvelles f/m.

Entre deux gamètes et un vieil homme, il y a de prodigieuses séquences d'informotions. Je dis simplement que ces séquences ne sont pas davantage préétablies dans un code caché au fond des cellules, que le processus d'apparition des océans sur la Terre est caché dans un code au centre de notre galaxie, répliqué au centre de la Terre; ou que les séquences kinésiques informotionnelles " (gI( " qui se créent au cours de l'apprentissage du violon, sont cachées quelque part dans un code. Il n'y a nulle part de code qui détermine la succession des opérations (c'est-à-dire de l'informotion par création de niveaux logiques).

Les manipulateurs de "gènes", tout comme les physiciens des hautes énergies qui recherchent "les composants ultimes de la matière", pensent encore le monde, quoi qu'ils en disent, dans les termes de la mécanique newtonienne. Ils s'imaginent ainsi mettre en évidence des gènes qui ont des propriétés invariantes, en eux-mêmes, pris isolément. C'est comme si on essayait de rechercher le sens d'une phrase en extrayant les mots de celle-ci, un à un, et en ergotant sur leur sens ultime et spécifique. Les mots, les séquences de nucléotides qu'ils isolent n'ont pas seulement de sens que relativement aux autres séquences ou autre contexte, comme dans la vision structuraliste ou systémique du langage; les mots constituent un des niveaux d'informotion du langage, lequel doit être considéré comme un processus de création depuis le son, la consonne/voyelle ou syllabe, le mot, la phrase, le récit ou le texte, l'écriture, etc.**8, et où chaque création d'un nouveau niveau transforme les précédents relativement. Je conçois les séquences de nucléotides selon le même principe logique; la même séquence du même chromosome n'est donc pas identique chez l'ovule fécondé, l'embryon, l'adolescent et le vieillard.

De la même façon, la pensée mécanique se retrouve encore dans la physique actuelle où l'on pense que tous les "atomes", par exemple d'hydrogène, sont identiques. Or, ici, tous ces "atomes" sont uniques, bien qu'analogues selon leur niveau d'informotion (gazeux, liquide, c'est-à-dire moléculaire) ou organique et, d'autre part, ces "atomes" changent de forme/mouvement d'un niveau d'informotion à l'autre. La pensée mécanique refuse d'envisager une chose pareille qui lui semble une hérésie; il semble plus facile d'admettre que tous les êtres humains sont uniques.

On peut, schématiquement, se représenter ce principe de conservation/accélération des f/m moins informés " (gI( " dans les f/m plus informés " (gI( " par ces sinusoïdes d'informotion à trois niveaux (fig. 4).

 

Le théorème précédent peut également se formuler ainsi:

Toute création d'un niveau d'informotion informe " (gI( " relativement les niveaux d'informotion qu'il contient, tandis qu'il informe " (gI( " aussi relativement (mais d'une autre relativité) les niveaux d'informotion qui le contiennent.

Par exemple, une nouvelle espèce vivante exprime une informotion " (gI( " relative de l'ensemble indéfini des champs qui l'englobent mais également, chacun de ses éléments (les individus de l'espèce) crée une autre informotion " (gI( " relative des niveaux d'informotion dont il est composé (organes, cellules, etc.)

Voyons maintenant quelques corollaires qui illustreront le théorème général.

 

Premier corollaire

Il n'existe aucun niveau qui ne dépende et qui ne soit issu d'un niveau moins informé " (gI( ".

Le corps humain contient et est issu d'éléments informés du champ organique qui le précèdent dans l'évolution organique, mais aussi d'ions chimiques, des minéraux, d'"atomes", de rayonnement électromagnétique, etc. Il en est de même pour tous les autres champs plus simples. La Terre contient et est issue d'éléments informés " (gI( " du Soleil, le Soleil... du centre de la galaxie. Et ce centre? Nous verrons un peu plus loin.

 

Second corollaire

Il découle des propositions précédentes qu'il ne peut y avoir d'objet isolable que l'on nomme "Univers." En effet, comme chaque élément d'un champ est issu d'un autre élément d'un champ moins informé " (gI( ", on ne peut pas davantage imaginer de limite à la simplification qu'à la complexification. C'est pourquoi au lieu d'"Univers", je propose le terme d'informotion générale qui exprime le processus irréversible dont nous sommes, par définition, non le centre mais, au contraire, la limite. (Dans le sens que j'ai perçu chez Wittgenstein au paragraphe 5.6 du Tractatus logico-philosophicus: "Les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde." )

 

Troisième corollaire

Il y a deux manières intelligibles de penser l'informotion: soit par le relativement petit, soit par le relativement grand. Et, le théorème dit que les niveaux " din " du relativement petit sont des niveaux " (gI( " des niveaux "In" analogues du relativement grand.

Cela permet de réinterpréter les notions paradoxales d'"extérieur" et d'"intérieur" qui se conçoivent également comme des relations différentielles; l'"extérieur" d'un "In" est en fait l'"intérieur" d'un "In-1".

Par exemple, l'"extérieur" de la Terre, c'est l'"intérieur" du système solaire; et l'"intérieur" de la Terre, c'est l'"extérieur" des espèces organiques et des sociétés; si une cellule est considérée comme "intérieure" à un organisme, l'organisme et même l'organe particulier dont elle fait partie est son "extérieur." Cette idée est équivalente au théorème général. Les concepts d'"intérieur" et d'"extérieur" sont issus de la thermodynamique et des multiples théories des systèmes qu'elle a engendrées.

Malheureusement, ces théories multiplient les paradoxes. L'informotion générale nous convie à considérer la relation ou environnement/système, ou encore environnement/espèce, comme nous avons déjà envisagé la relation espace/temps, c'est-à-dire comme niveau d'informotion "In".

Par ailleurs, on peut aussi bien énoncer ce corollaire en terme "temporel" qu'en terme "spatial." On peut également penser l'informotion par le relativement récent et par le relativement ancien. Les f/m relativement simples " (gI( " du relativement récent sont alors des f/m accélérées/etc. " (gI( " des f/m simples du relativement ancien. L'opérateur f/m est donc équivalent à un opérateur s/t (spatio/temporel). Voir aussi théorème 3.

 

Quatrième corollaire

Il n'y a pas d'identité, il n'y a que "des différences qui créent d'autres différences", comme disait Bateson. La notion d'identité devient ici équivalente à impasse, autoréférence ou paradoxe.

La notion de champ et la logique informotionnelle montrent l'impasse de la logique formelle de l'identité. Il n'y a ni reproduction ni duplication, ni deux f/m identiques dans la nature. L'erreur logique principale des astrophysiciens, pour ne parler que d'eux, et qui les conduit aux paradoxes que l'on sait - à cause d'une conception encore mécanique de la notion de champ - est de penser, par exemple, que "notre galaxie est peuplée de milliard d'étoiles identiques à notre soleil." Alors que ce dernier est considéré ici comme l'élément sélectionné/etc. " (gI( " du champ stellaire pour poursuivre le processus informotionnel par la création de planètes, et ainsi de suite. Chaque étoile est donc unique. La même erreur est à l'origine de l'idée qui nous avait fait croire que les planètes étaient toutes plus ou moins semblables en ce qu'elle pouvaient renfermer des formes de vie. Mais chacune d'entre elle est considérée ici comme unique, et la Terre comme l'élément sélectionné/etc.  " (gI( " du champ planétaire pour inaugurer un nouveau champ d'informotion, le champ organique.

 

Cinquième corollaire

Les notions d'"analogique" et de "digital" expriment respectivement les différences intelligibles à l'intérieur d'un niveau d'informotion In et à l'intérieur d'un champ (I( de niveaux d'informotion.

Ainsi, le Soleil semble analogue aux autres étoiles de notre galaxie, mais il l'est de la même façon que les planètes sont analogues entre elles, et que les êtres humains sont analogues entre eux. L'analogie se définit toujours à l'intérieur d'un champ, lequel se définit lui-même par l'élément sélectionné/etc." (gI( " qui exprime le seuil de transformation du champ dont il est issu. Les planètes sont analogues car elles sont issues et dépendent du Soleil et ainsi de suite.

 

Première proposition

Toute informotion équivaut donc à un processus irréversible de création de niveaux. Mais cette irréversibilité n'a rien à voir avec la succession temporelle de la philosophie et de la physique classique. L'informotion n'est ni temps ni espace, ni même espace-temps relativiste: elle est processus. Les niveaux d'informotion ne se succèdent ni dans le temps ni dans l'espace ni dans l'espace-temps quadridimensionnel. Un niveau d'informotion est aussi équivalent à un rythme mais il n'y a pas, par définition (cf. axiome 4), de rythme de tous les rythmes.

 

Deuxième proposition

La vitesse de la lumière ou du rayonnement électromagnétique est, en tant que champ d'accélération/etc. " (gI( " et l'expression la plus simple " (gI( " du monde visible, à la fois vitesse limite supérieure et vitesse limite inférieure de tous les niveaux observables qui sont dès lors des champs d'informotion plus informés " (gI( ".

Ainsi l'ensemble des galaxies ou des objets stellaires sont tous visibles, ils sont considérés comme issus de l'accélération d'éléments du champ électromagnétique. L'ensemble des galaxies est donc porté par l'onde/particule porteuse de ce rayonnement qui est un grand "trou noir", c'est-à-dire un élément d'un champ plus simple " (gI( " que le rayonnement électromagnétique lui-même; niveau non visible mais cependant pensable logiquement lui-même constitué d'un ensemble indéfini de niveaux d'informotion.

Je propose donc de penser que l'ensemble du monde visible se déplace à la vitesse relative c (300 000 km/s) par rapport à cet élément plus simple " (gI( " dont il est issu.

Nous avons l'habitude de dire, selon nos calculs actuels, que notre galaxie se déplace dans l'"espace" selon une vitesse relative de 200 km/s relativement aux galaxies les plus proches. Ce calcul est en fait logiquement analogue à celui que nous ferions en mesurant la vitesse relative de la Terre par rapport aux autres planètes pour obtenir sa vitesse dans l'"espace."

La vitesse relative de la Terre par rapport à Venus, par exemple, est de 3 à 5 km/s, tandis que sa vitesse orbitale relative par rapport au Soleil est de 30 km/s. Nous aurions également le même type logique de différence si nous comparions la vitesse relative du Soleil par rapport aux autres étoiles de notre galaxie et sa vitesse relative orbitale par rapport au centre de notre galaxie. Je pense en fait que la vitesse relative "orbitale" de la galaxie autour du phénomène dont elle est issue est précisément égale à ce que nous appelons la vitesse de la lumière. Et l'ensemble des galaxies gravite autour et est issu de ce même phénomène (les deux propositions sont équivalentes).

Rien, au-delà, du rayonnement électromagnétique ne va donc plus vite que lui, mais tout ce qui est plus complexe " (gI( " est la manifestation de l'informotion de ce champ, c'est-à-dire de son accélération/complexification/etc. " (gI( ", comme dans la fable du promeneur, le chien et la queue du chien vont à la fois plus vite que le promeneur et à la même vitesse que lui. On peut illustrer cela par les schémas suivants (fig.5, page suivante), et la compréhension s'effectue sans le recours du calcul tensoriel ici impuissant.

 

L'augmentation de la "courbure spatio-temporelle" d'Einstein est ainsi réinterprétée par la complexification/accélération/sélection/etc. " (gI( " d'éléments du champ électromagnétique qui contient l'ensemble des autres plus complexes " (gI( " que lui.

Le concept d'atome est alors réinterprété et considéré comme un niveau d'informotion, c'est-à-dire comme un moment d'un processus et non plus comme un système "énergétique" clos. Il n'y a dès lors plus d'hamiltonien, ni d'intégration possible pour une quelconque fonction d'onde.

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Troisième proposition

La gravitation est considérée ici comme un niveau d'informotion d'un processus irréversible. Elle n'est donc pas une "force attractive" susceptible d'inverser le processus informotionnel.

Déjà Einstein avait pensé que la gravitation n'était pas une "force" indépendante mais un champ d'accélération. La notion de force, je l'ai déjà noté, n'est pas un concept scientifique moderne mais est issu de la vieille pensée magique. La logique de cette formidable idée me conduit maintenant à affirmer qu'elle n'est pas davantage une "force" attractive indépendante des f/m que peuvent l'être la vitesse, la chaleur, etc. Il n'existe donc pas une gravitation mais des f/m de gravitation qui sont autant de niveaux d'informotion de l'informotion générale. Je dirais donc que la gravitation des étoiles autour des centres galactiques (que l'on postule actuellement être des "trous noirs" laplaciens) n'est pas de même type que la gravitation des planètes autour du Soleil, qui est elle-même d'une autre type que la gravitation des satellites, en tant que dernier niveau d'informotion gravitationnel - nous n'avons en effet jamais observé de satellites de satellites - autour des planètes. La notion classique de "trou noir" imaginée par Laplace devient donc une erreur de logique. Selon la présente axiomatique les f/m classées comme gravitation sont donc aussi les f/m de l'accélération/complexification/etc. " (gI( ".

La gravitation telle qu'ainsi définie, n'est donc qu'une des expressions de l'informotion dans le cas de f/m relativement simples: trous noir, rayonnement électromagnétique, galaxies, étoiles, planètes et leurs éléments informés " (gI( " ("particules ultimes", "atomes", etc.). Dans le cas de f/m plus complexes, la gravitation s'informe en échange moléculaire; en prédation pour les formes vivantes; et en création d'artefacts pour les êtres humains, par exemple. La gravitation n'est pas davantage une force attractive (c'est-à-dire un principe indépendant du champ, comme l'ont été le temps et l'espace dans la mécanique classique et l'espace-temps quadridimensionnel dans la physique moderne) que la prédation et la sexualité ne sont des principes indépendants du champ organique; ou la pensée un principe indépendant du champ anthropo/social.

Ce qui signifie que les "trous noirs" sont considérés comme des éléments d'un niveau d'informotion plus simple " (gI( " dont est issu le champ électromagnétique autour duquel l'ensemble des objets visibles gravite.

Les "trous noirs" ne peuvent donc plus être envisagés comme des "gouffres gravitationnels", puisque l'ensemble du monde visible est pensé comme issus d'eux. De la même façon que nous sommes issus de nos parents, que les primates sont issus des mammifères, que la première bactérie est issue de l'Océan, que la Terre est issue du Soleil, que le Soleil est issu du centre de notre galaxie et que ce dernier est issu du trou noir autour duquel il gravite. Les étoiles sont dès lors "attirées" par le "trou noir" de la même façon que nous sommes "attirés" par la nourriture ou par notre conjoint (l'attraction sexuelle vers notre conjoint ne signifie pas que notre conjoint est plus simple que nous, puisque l'inverse est aussi vrai; elle signifie que l'attraction sexuelle exprime la dépendance de l'individu par rapport à l'espèce qui se trouve, conformément à notre logique, à un niveau d'informotion moins informé " (gI( " que l'individu).**9

 

L'informotion n'a qu'un seul sens/direction/valeur: du moins informé " (gI( " au plus informé " (gI( " ; et le plus informé " (gI( " "gravite" toujours autour (et est issu) du moins informé " (gI( ". Voir aussi axiome 5.

 

Quatrième proposition

La notion de seuil (cf. définition 3) est équivalente à l'informotion " (gI( " d'un élément d'un niveau pour poursuivre l'informotion en créant un nouveau niveau. Il est aussi équivalent à la différence intelligible existant entre, d'une part, les éléments d'une niveau et, d'autre part, différents niveaux.

 

Cinquième proposition

Chaque niveau d'informotion est donc constitué d'une seule séquence différentielle d'éléments qui aboutit à la sélection/complexification/accélération/etc. " (gI( " de l'un d'entre eux pour créer un nouveau niveau plus informé " (gI( ". Les autres séquences constituent donc, du point de vue de l'informotion générale, des impasses ou des seuils. Elles ne sont pas pour autant "inutiles", car la séquence informotionnelle générale n'est pas prévisible.

L'application de cette logique au niveau anthropo/social me permet de penser qu'il est illusoire de prétendre maîtriser notre devenir. Je me suis déjà expliqué sur une différence essentielle dans la manière de concevoir l'informotion du champ anthropo/social en le comparant avec le champ organique.

Personne ne peut prévoir lesquelles de nos Constitutions politiques, de nos inventions technologiques, de nos apprentissages, de nos théories ne vont pas aboutir, "tôt ou tard" à une impasse qui nous contraindrait à réorienter la poursuite du processus.

Rien ne peut nous épargner la tâche de devoir penser. La seule chose que nous pouvons "déterminer", ce sont les séquences du champ anthropo/social qui ont déjà abouti à une impasse. Ce siècle a permis d'en déterminer un certain nombre, et il me semble intéressant de penser que le processus s'accélérant " (gI( ", nous aurons à en déterminer de nouveaux.

Certaines personnes (scientifiques ou non) sont prêtes à admettre que chaque événement est unique mais n'hésitent pas, conjointement, à dire que l'on peut prévoir ou expérimenter ceux-ci. Mon point de vue est que la notion de prévisibilité dans la science moderne, liée à ce qu'on appelle la reproduction de l'expérience, repose en fait sur une confusion de niveaux d'informotion.

La notion de prédiction et de reproduction de l'expérience qui lui est associée a pénétré la science (et c'est même uniquement cela qui constitue, pour certains, le critère de l'activité scientifique) depuis Galilée. C'est pourquoi celle-ci utilisait des notions issues de la vieille magie, comme celles de "force", que Maxwell puis Einstein supprimeront de leur vocabulaire au bénéfice de celle de champ - ce qui n'empêche pas certains physiciens, aujourd'hui encore, d'utiliser les deux sans aucune vergogne. Or rien de ce qui se passe, autrement dit de ce qui se crée, n'a été prévu, car rien n'est prévisible. Au contraire, et plus logiquement, la prévision fait partie intégrante du processus de création humaine. Prévoir n'est pas dire ce que sera demain, c'est formuler une proposition de changement.

La personne qui émet une prédiction ne peut, à l'évidence, jamais prévoir qu'elle énoncerait ce qu'elle prévoit? Ou encore, personne ne peut prévoir la prochaine prédiction. Ainsi, toute prédiction est nécessairement inconsistante. Sa prédiction n'est donc pas une prédiction au sens où elle le croit; elle est simplement l'énoncé d'une nouvelle, d'une différence comme aurait dit Bateson, qui se prétend une ancienne, ou une identité, un absolu. Encore une fois, l'activité scientifique ne consiste ni à prouver quoi que ce soit, ni à dire une "vérité" qui lui préexisterait, ni à prévoir quelque chose, mais à proposer des idées nouvelles à la communauté humaine afin de poursuivre son chemin. (Voir aussi la remarque 8).

 

Sixième proposition

La poursuite d'un mode informotionnel " (gI( ", au-delà du seuil de transformation sélectionné, conduit à une monstruosité, à une impasse, à un paradoxe ou à un dogme.

Après sélection/complexification/etc. " (gI( " d'un niveau dans un champ, le processus se poursuit sous une f/m plus informée " (gI( " que la f/m précédente en même temps que celle-ci s'intègre dans la nouvelle f/m sous une forme plus complexe " (gI( " ; tandis que les non-sélectionnées/complexifiées/etc. " (gI( " précédentes entrent dans des impasses, c'est-à-dire ne s'informent " (gI( " plus. Cinq exemples:

  1. La Lune exprime une gravitation " (gI( " supplémentaire (autour de la Terre) dans le champ planétaire. Elle constitue cependant une impasse informotionnelle car c'est la Terre qui est l'élément sélectionné/etc. " (gI( " de ce champ. Une des raisons pour lesquelles la Lune est un astre "mort", c'est-à-dire moins informé " (gI( " que la Terre est que son rythme de rotation sur elle-même se confond avec son rythme de révolution autour de la Terre. Cette confusion fait qu'il n'y a pas de différence qui fait une autre différence. Rappelons que la Terre possède une telle différence actuelle estimée à environ 1/365 entre les deux rythmes et que c'est précisément cette différence qui produit une série d'autres différences: les saisons, etc. La Lune est donc, du point de vue de l'informotion générale, un paradoxe. Ce qui ne nous empêche nullement de l'admirer certains soirs.

  2. Les invertébrés expérimentèrent un système nerveux sur la face ventrale de leur corps et peu différencié du système digestif. Ils n'ont de ce fait pas pu poursuivre l'informotion de leur organisme au-delà d'un certain seuil. Les vertébrés proposèrent un autre brevet (squelette interne associé au système nerveux central) qui s'avéra (autant qu'on puisse le juger aujourd'hui) plus fécond, puisqu'il permit le développement de l'apprentissage des individus.

  3. Les dinosaures furent les ovipares les plus gros. Sans entrer dans la controverse autour de leur disparition on peut dire qu'ils poursuivirent l'expérience ovipare jusqu'à la monstruosité, l'impasse. Cependant, le processus d'informotion organique se poursuivit alors par un tout petit animal qui garda l'oeuf à l'intérieur de lui-même inaugurant ainsi une nouvelle séquence phylogénétique: les mammifères.

  4. Le totalitarisme (et toutes les formes de despotisme, éclairé ou non) apparemment plus fort et plus puissant, comme l'avaient pensé nombre de penseurs au XIXè et au XXè siècle, et qui repose sur davantage d'"organisaton" c'est-à-dire qui confond justement socialisation et organisation) s'est révélé une impasse dans la poursuite de l'informotion anthropo/sociale. Car, précisément, la "société" ne doit pas être conçue comme "organisation" mais comme un processus de socialisation.

  5. La présente théorie, bien qu'elle ne puisse pas se juger elle-même sans devenir auto-référente ou paradoxale, invite cependant à considérer toute théorie ou idée comme n'importe quel autre processus intelligible. Ainsi, le fait qu'une théorie soit ou non sélectionnée " (gI( " dans l'informotion anthropo/sociale ne prouve pas qu'elle soit juste ou fausse (ces deux notions n'ont pas de sens pour la présente théorie); cela prouve simplement qu'elle a ou non été sélectionnée " (gI( " par des individus pour d'autres individus. Si, par exemple, nous avions continué à penser que le Soleil gravitait autour de la Terre, cette idée serait encore considérée comme juste parce que, et seulement parce que, elle serait partagée par tous. Mais du point de vue de l'informotion générale, une idée ou un "brevet" (pour reprendre une expression d'Arthur Koestler) n'est ni juste ni faux, il permet ou non la poursuite de l'intelligibilité. Par exemple, au niveau du champ organique, le fait de pondre un oeuf n'est ni juste ni faux; mais il se trouve, qu'au delà d'un certain seuil, ce brevet mène à une impasse. Mais on ne peut pas dire qu'une souris soit plus juste qu'un oiseau. Il en est de même des idées et des théories. Une théorie permet ou ne permet pas de poursuivre le processus intelligible. Cela requiert nécessairement qu'elle soit d'abord créée puis expérimentée. Cela rejoint ce que Bateson pensait du moteur à explosion. Rien ne dit, a priori, si cela est humainement viable.

 

Septième proposition

Nous pouvons ainsi dire, plus généralement, que toute poursuite de l'informotion est équivalente à l'accroissement de la "masse" informotionnelle (ou encore de la "massification") et à la création d'un niveau d'informotion supplémentaire en même temps qu'un nouveau champ plus complexe. C'est ainsi que l'accroissement relatif de la "masse" informotionnelle du Soleil s'est effectué en créant un nouveau champ: les planètes, plus informé " (gI( " que lui; que la Terre a accru sa "masse" informotionnelle en créant de nouveaux niveaux d'informotion: les f/m organiques; que les sociétés accroissent leur "masse" informotionnelle en créant des individus qui créent de nouvelles techniques (au sens large du terme, comme les media de McLuhan) et ainsi de suite.

 

Huitième proposition

La poursuite de l'informotion doit en outre se concevoir comme un accroissement relatif du rythme d'informotion (de la vitesse du changement) en même temps que comme un accroissement de la complexification/sélection/etc. " (gI( ". Nous avons vu comment formaliser ce processus (axiome 5).

In est donc aussi la "masse" informotionnelle du niveau n et la vitesse relative ou la relative complexification/accélération/etc. " (gI( " du niveau n.

Il ne faut cependant pas se laisser abuser par le formalisme quel que soit, par ailleurs, son degré de sophistication. Le formalisme n'est là que pour aider la pensée à poursuivre son informotion. Aucune formule ne peut rendre compte de l'équivalence entre complexification, accélération, sélection, différenciation et quantification par seuil trans-forme/mouvementationnel qui caractérise le processus d'informotion " (gI( ". Elle indique seulement que tout niveau d'informotion In est issu et dépend relativement de ceux qui le précèdent dans l'informotion générale: voir la figure 1, axiome 5 et le chapitre suivant de la présente axiomatique. Elle montre aussi que chaque nouveau niveau accroît l'informotion relative selon les niveaux considérés. Par exemple, la création sur la Terre de niveaux d'informotion telle que les végétaux, les animaux et les sociétés a accru sa masse informotionnelle, mais elle a également accru, bien que d'une manière relativement différente, celle du système solaire tout entier, et ainsi de suite, conformément à l'axiome 5. De la même façon aussi que l'apprentissage d'un enfant accroît sa propre masse informotionnelle mais aussi, et relativement différemment suivant le type d'apprentissage et de création qu'il engendrera, la masse informotionnelle de sa famille, de son village, de son pays, et de l'humanité entière, et ainsi de suite.

 

Neuvième proposition

Ce que nous appelons en physique classique la masse inerte et la masse gravitationnelle dont Einstein a montré l'équivalence devient une propriété spécifique du niveau d'informotion qui se situe, selon le point de vue énoncé ici, dans l'ordre de l'informotion, au niveau immédiatement plus informé " (gI( " que le champ électromagnétique. C'est pourquoi si, du point de vue classique, une particule/onde photon ne peut avoir de masse inerte ou gravitationnelle, elle exprime cependant une certaine "masse informotionnelle."

Einstein avait proposé de penser que tout accroissement d'"énergie", c'est-à-dire toute accélération, créait un accroissement relatif de masse selon la formule "E = m c2". Dans la relativité spéciale, accroître la masse était donc une autre manière de continuer d'accroître l'"énergie" sans augmenter la vitesse de la lumière considérée comme absolue. Il y a donc, selon cette manière de voir les choses, conservation de la masse-énergie.

Selon le point de vue proposé ici, la notion de conservation prend une nouvelle signification. En effet, le processus d'informotion se poursuit par accroissement relatif et irréversible de la complexification. La conservation devient donc elle-même relative puisque ce qui se conserve à un niveau se transforme à un autre. La seule conservation que l'on peut donc envisager c'est celle du processus informotionnel lui-même.

Par ailleurs, la notion de force attractive utilisée dans la théorie classique de la gravitation est remplacée, dans la version relativiste de la gravitation, par celle de champ d'accélération. J'ai proposé de remplacer ce dernier concept par celui d'informotion. Ainsi, le concept d'attraction doit être utilisé pour signifier un phénomène local.

J'ai également introduit, au niveau des phénomènes physiques (les f/m que nous appelons non-vivantes), une notion jusque-là réservée aux phénomènes plus informés " (gI( " : la sélection naturelle et les seuils de transformation. Nous avons également relativisé la vitesse de la lumière et le continuum quadridimensionnel (dimension devient ici équivalent à niveau d'informotion).

La notion de dimension est une notion capitale. La physique moderne est née d'une remise en question du nombre de dimensions que l'on octroyait au monde (en même temps que d'un renouvellement de la notion mécanique de métrique); de trois, pour la mécanique newtonienne, on est passé au continuum quadridimensionnel de la relativité générale. Ces notions classiques de dimensions qui exprimaient une métrique constante pour l'ensemble des phénomènes ne signifie plus rien ici. Chaque niveau d'informotion exprime une dimension spécifique de l'informotion générale, mais cette dimension n'est pas réductible à une métrique générale et constante sous peine de retomber dans les paradoxes. Il n'y a donc pas, en informotion générale, de dimension de toutes les dimensions car cela équivaudrait à dire qu'il y aurait un niveau d'informotion de tous les niveaux.

Nous généraliserons aussi le principe de non-simultanéité énoncé par Einstein et nous le réinterprèterons de telle sorte qu'il devienne le théorème suivant.

 

Théorème 2

Comme chaque niveau d'informotion définit un espace/temps unique et spécifique, il ne peut y avoir deux niveaux identiques ou deux événements identiques en des espaces ou en des temps différents.

Ainsi l'hydrogène que nous connaissons sur la Terre ne peut, en aucun cas, être le même que celui du Soleil ou celui qui se trouve à proximité du Centre galactique, dans les autres étoiles ou dans les autres galaxies. Il en est de même pour les rayonnements électromagnétiques et pour toutes les classes de f/m. Il y a la même différence logique informotionnelle (et le même type de confusion) entre l'hydrogène atmosphérique et l'hydrogène d'un quasar qu'entre une cellule eucaryote et une gamète d'homo sapiens. Les deux expriment, à l'intérieur d'un champ informotionnel déterminé (le champ galactique et le champ organique) la complexification/sélection/etc. " (gI( " des f/m moins informées " (gI( " dans les f/m plus informées " (gI( " de chaque champ. L'hydrogène de l'atmosphère est donc plus complexe que l'hydrogène stellaire et l'hydrogène de l'eau est plus complexe que l'hydrogène atmosphérique. De même, les gamètes d'un mammifère, bien qu'elles soient les formes de vie peu informées " (gI( " qu'il contient, sont néanmoins plus informées " (gI( ", malgré leur analogie, que les formes de vie peu informées " (gI( " que sont les cellules procaryotes, les bactéries, et les cellules eucaryotes.

De manière encore plus précise, et qui contredit le dogme de la mécanique génétique actuelle, nous dirons que les "gènes"**10 du chimpanzé sont moins informés " (gI( " que les "gènes" de l'être humain, malgré leur analogie. Mais aussi, que les "gènes" du bébé sont moins informés " (gI( " que les "gènes" de l'adulte.

 

Remarque 12

L'informotion générale n'a rien à voir avec les idées philosophiques de progrès et d'amélioration de quoi que ce soit, ou encore avec le concept darwinien d'adaptation progressive qui se présente comme un avatar scientifique des précédents. Du point de vue des axiomes proposés, il n'y a aucun sens à dire que la Terre représente un progrès ou une amélioration par rapport au Soleil, qu'une souris est mieux qu'une bactérie ou encore que la vie moderne des êtres humains est plus agréable que celle des anciens Yanomamis. La seule valeur que l'informotion générale propose est celle de sa propre poursuite. L'impasse, telle que définie précédemment en tant que blocage du processus à un niveau, constitue donc un échec à cette poursuite au niveau considéré. Le sentiment que l'on exprime après la mort d'un être cher par les mots: "la vie continue!" semble traduire cela.

 

Dixième proposition

Aucune proposition ne peut se prétendre une explication (ou une réflexion) de ce dont elle parle.

 

Onzième proposition

Chaque fréquence du rayonnement électromagnétique ne peut exprimer les vibrations différentes d'une même particule, le photon. Selon le point de vue formel ici proposé il y a autant de type de "photons" que de type de fréquences électromagnétiques, c'est-à-dire une indéfinité. Chaque fréquence doit donc être considérée comme un type spécifique de f/m. La manière dont on peut envisager la distribution des fréquences dans un spectre nous a permis de réinterpréter l'effet Doppler.

 

Théorème 3

Toute pensée de l'origine est par définition paradoxale en ce qu'elle consiste à prendre la fin du processus (la pensée) pour le commencement.

On ne peut pas en effet affirmer à la fois un principe d'irréversibilité de créations imprévisibles et en même temps un principe inverse de réversibilité au sein du même. C'est pourtant ce qu'on pense habituellement lorsqu'on prétend refaire l'histoire de l'univers, de la vie, de l'humanisation, de sa propre vie, etc. Ainsi, l'idée d'évolution telle qu'elle est pratiquée dans le néo-darwinisme par exemple, revient à postuler deux groupes de deux lois contradictoires dans la "nature"; le premier groupe avec d'une part la nature créant dans un premier temps n'importe quoi au hasard, puis dans un deuxième temps, organisant soigneusement la sélection de cette création; le second avec une loi, disons de complexification croissante (du big bang ou du premier ARN à l'être humain pensant) et une autre de simplification croissante (la pensée de l'être capable de remonter le processus dans son ensemble).

Penser à une origine quelconque, ou raconter une histoire, aussi scientifique soit-elle, est donc interprété, dans la présente théorie, comme un projet humain et non, comme nous le faisons depuis Platon, comme une réminiscence. C'est pourquoi les concepts, par exemple, de mémorisation, d'apprentissage, de cognition et d'informotion ont fusionné dans la présente théorie.

Nous partons donc ici du processus irréversible ni démontrable ni prouvable, mais éprouvable, de notre intelligibilité, de notre vie, des générations, des techniques, des idées et ainsi de suite. Le paradoxe que je viens de relever, résulte d'une position réaliste (qui pourrait s'exprimer ainsi: il existerait un réel qui serait autre chose qu'un concept humain et qui aurait engendré un phénomène, la pensée humaine, capable de s'engager dans un processus de réflexion avec lui-même afin d'émettre des propositions isomorphes à lui-même) qui faisait croire, par exemple à Einstein, à la fois, au second principe de la thermodynamique, aux lois éternelles de la nature et à l'évolution des idées scientifiques. On retrouve le même paradoxe chez Karl Popper qui, d'une part critiquait l'historicisme en disant qu'elle était "toute doctrine qui repose sur la croyance en un destin de l'histoire humaine, qui la vouerait à attendre un but à travers une série d'étapes nécessaires", et d'autre part affirmait que la science est "la recherche de la vérité." Et aussi chez Kant, dont les formes a priori de la sensibilité de son sujet transcendantal (temps, espace et causalité) sont des lois éternelles (donc sans temps, ni espace, ni causalité). Il pouvait ainsi dire, sans rire, que notre savoir, le savoir humain, est temporel, tout en énonçant les lois éternelles de la connaissance; et ainsi son savoir à lui était atemporel; ou encore cela revenait à dire que son savoir à lui n'était pas humain. Il disait aussi que tout acte de connaissance est un acte de synthèse qui introduit l'unité dans le multiple, et ceci ne peut se faire que dans le temps. Il pouvait donc dire à la fois que le savoir absolu (l'adéquation du concept éternel à l'éternité) est une tâche temporelle donc infinie ("nous avons besoin de temps pour penser") et en même temps énoncer les formes éternelles, non temporelles du savoir.

 


Critique de la notion de fractale et de la mécanique cantorienne.

Dans cet ensemble destiné à illustrer le processus informotionnel il y a bien, comme dans l'ensemble de Cantor, une base. Cependant, il s'agit plutôt de considérer que cette unité (représentée par un segment) se transforme selon le processus suivant: pour créer un niveau on doit dupliquer l'ensemble de l'algorithme du niveau précédent en commençant par le niveau le plus élevé puis en descendant, comme l'indiquent les flèches. L'ensemble n'est ni fini ni infini, il est en informotion. Il fonctionne à l'inverse de l'ensemble de Cantor qui partait d'une base (singularité logique). Sa construction s'apparente à une spirale mais qui n'aurait pas de centre et s'effectue de manière inverse à celui de Cantor (cf. figure suivante) qui est lui, par définition, transfini. Dans l'ensemble de Cantor, à la énième opération, le nombre n de segments est égal à 2n, la longueur u de ces segments est 1/3n. La dimension d de l'ensemble de Cantor est définie ainsi:

2n = (3n)d

lorsque n et u 0,

d'où:

d = log 2/log 3 0.65

 

On remarquera dans l'ensemble 1 que sa dimension cantorienne reste constante quel que soit le nombre de niveaux. On voit donc que la notion classique de dimension est alors inopérante pour rendre compte du processus.

Cette mécanique ne permet pas non plus de saisir la sélection, la complexification (l'accroissement de la variété de f/m) et l'accélération; trois des cinq concepts qui ont fusionné dans la théorie. L'informotion de l'algorithme s'effectue ainsi en suivant l'ordre des flèches (Ensemble 2).

Pour s'extraire de cette algèbre mécanique, c'est-à-dire pour qu'un nouveau niveau exprime une informotion il doit, par définition, correspondre à une " (gI( " telle que formalisée par la séquence suivante:

... ( in-2 ( in-1 ( In ( din-1 ( din-2 ( ... (1)

... ( in-1 ( in ( In+1 ( din ( din-1 ( ... (2)

... ( in ( in+1 ( In+2 ( din+1 ( din ( ... (3)

et ainsi de suite...

En effet, on voit sur l'algorithme mécanique (ensemble 2) que, d'un niveau à l'autre, il n'y a aucune informotion, c'est-à-dire aucune accélération/sélection/complexification/différenciation/quantification du processus. Il y a simplement quantification; pour créer un nouveau niveau, on double le niveau précédent et on rajoute une nouvelle "base" en triplant la longueur de la base du niveau précédent. C'est pourquoi la dimension cantorienne reste constante.

Je propose de dire que chaque ordinateur fonctionne comme un ensemble cantorien. Pour créer un ordinateur plus puissant mécaniquement, il suffit d'accélérer la vitesse d'horloge, mais pour créer un nouveau type d'ordinateur il faudra accélérer/sélectionner/complexifier/différencier/quantifier " (gI( ". Il faudra donc créer autre chose. Et cela n'est pas plus prévisible que le fut la création de l'ordinateur elle-même.

D'une manière générale, la notion de fractale (mono ou multi) repose sur une conception newtonienne de l'espace: il est vide, absolu et métriquement homogène. C'est ce qui autorise l'idée d'invariance d'état par changement d'échelle. Je considère le développement de cette idée comme un effet symptomatique, pour ne pas dire narcotique, de l'usage abusif de l'ordinateur qui permet une réitération indéfinie des algorithmes. Comme jeu, cela est peut-être intéressant, mais comme intelligibilité cela confine plutôt, pour reprendre une expression de Dieudonné, à une forme noble de l'escroquerie.

 

Remarque 13

On réalise mieux, à la vue de cette séquence, combien la notion de hiérarchie est un obstacle important à la saisie du processus (voir axiomes 2 et 5, définition 9 et remarque 5 de l'axiomatique). En effet, rien ne dit a priori qu'un niveau créé sera sélectionné/accéléré/complexifié/etc. " (gI( " lors de la création d'un nouveau niveau. Et si tel n'est pas le cas, les éléments de ce niveau semblent se "désinformer" pour rejoindre les niveaux qui leur sont analogues. Dans le langage courant, on dit que les éléments se "recyclent" ou se "dégradent." En fait, ce recyclage, cette "désinformotion" ou encore cette dégradation apparente n'est que la poursuite de l'informotion relativement au niveau considéré.

Ce qui vient d'être nommé dégradation, comme retour d'un niveau din contenu dans In au niveau i analogue, correspond à une nouvelle signification du concept d'entropie en physique et de mort en biologie. Soit la formalisation suivante:

Remarque 14

Une autre conséquence de cette critique des fractales (mono et multi) c'est qu'aucune échelle (c'est-à-dire, ici, aucun niveau d'informotion) ne peut être privilégiée.

 


Isomorphisme, hologrammisme et fractionnisme logiques

Le seul type d'isomorphisme, d'hologrammisme ou encore de fractionnisme que la présente théorie propose d'appliquer est irreprésentable en images (sauf l'image des mots et des signes utilisés dans l'axiomatique), car il repose sur l'équivalence logique des niveaux d'informotion pour l'intelligibilité. Ce que nous pouvons exprimer ainsi: tous les niveaux d'informotion sont équivalents pour l'intelligibilité de la théorie de l'informotion générale.

Mais, contrairement aux concepts précédents, l'équivalence logique n'est ici que la condition nécessaire proposée à la poursuite du processus intelligible et non une quelconque description ou un quelconque "modèle du monde."


NOTES

1 On remarquera qu'il n'est fait emploi, dans la formalisation, que de parenthèses ouvertes; cela afin d'être consistant (cohérent) avec l'axiome de non-intégration (axiome 4); ou, autrement dit, que l'on pourra toujours ouvrir une parenthèse à gauche ou à droite. (retour)

2 Poincaré avait proposé de considérer les concepts "paradoxe" et "cercle vicieux" comme analogues. Russell avait, de son côté, parlé de "principe autoreproducteur" pour signifier la même analogie. Il est d'autant plus curieux d'avoir eu à considérer quelque cinquante ans plus tard les concepts visiblement apparentés d'"auto-organisation", de "système" et de "structure" comme une sorte de révolution épistémologique. (retour)

3 Étant entendu que Ik est toujours le niveau d'informotion intelligible le plus informé " (gI( " et Ij et... dij des niveaux intelligibles moins informés " (gI( ". Voir aussi la remarque 10. (retour)

4 J'entends par "mécanique", "logique mécanique" ou "paradigme cartésien-newtonien", les logiques qui autorisent à penser les concepts que la théorie proposée ici nomme impasse. (retour)

5 La définition 9 demande à être précisée. Dans la logique classique des ensembles, des classes ou des types (Whitehead et Russell compris), l'ordre intelligible est hiérarchisé en inférieur ou supérieur lorsque l'on passe d'une classe à un ensemble de classes. Exemple: il est dit qu'une classe d'objets est d'un type logique supérieur aux objets qui la composent. Dans la présente théorie, les In où les champs ( I ( ne constituent en aucune manière une hiérarchie car, par exemple, et conformément aux axiomes de départ, le niveau d'informotion moléculaire est, à la fois, issu du niveau atomique qu'il contient, et est issu du et est contenu dans le niveau atomique général; le niveau atomique engendre le niveau moléculaire tandis que ce dernier contient des éléments informés " (gI( " du niveau dont il est issu. Par conséquent, on ne peut pas confondre le niveau atomique général avec les éléments de ce niveau contenu dans le niveau moléculaire. Ou, d'une autre manière, on ne peut pas mettre au même niveau d'informotion un atome minéral et un atome organique: l'atome organique s'est informé " (gI( " pour devenir organique, et il appartient dès lors au niveau organique; il est donc plus complexe (informé) que son analogue minéral. Cependant, conformément à nos axiomes, il est à la fois contenu dans l'organique tandis que l'organique est contenu dans le minéral général. C'est ce point que la logique mécanique des classes ne peut saisir. Voir aussi plus loin les Remarques 4 et 6, ainsi que la Remarque à la fin du chapitre Critique des fractales et de la mécanique cantorienne. (retour)

6 Il est fait référence ici à l'ensemble défini par Cantor qui, dans ma perspective, est nécessairement mécanique. Je proposerai plus loin une réinterprétation de cet "ensemble" afin que les éléments de celui-ci soient appréhendés d'une manière relativement informotionnelle " (gI( ", différenciée et qu'il n'y ait plus de "base" ou de singularité logique, c'est-à-dire de valeur d'origine, au contraire de tout algorithme classique. (retour)

7 Voir Jacques Jaffelin, Pour une théorie de l'informotion générale, Tractatus logico-ecologicus, Paris, ESF, 1993. (retour)

8 Voir Tractatus..., op. cit. pp. 342-347. (retour)

9 Voir Jaffelin Tractatus..., op. cit. (retour)

10 Je mets le concept gène entre guillemets afin de montrer ma divergence d'avec le dogme actuel (néo-darwinisme), dans la manière de considérer les séquences de nucléotides et leurs changements. (retour)

 

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