Bergson, le rire, la répétition et la mécanique (génétique)

 

Freud, dans son ouvrage Le mot d'esprit et sa relation avec l'inconscient, citant Bergson, qui cite lui-même Pascal, dans son ouvrage sur le rire, voudrait donner quelques causes du déclenchement de ce qu'on a appelé le comique d'imitation. Selon Bergson, ce qui déclenche ce rire, c'est tout ce qui, dans une personne vivante, fait penser à une mécanique. Il cite à l'appui ces propos de Pascal: "Le vivant ne devrait jamais, selon notre attente, se répéter de façon complètement similaire. Là où nous trouvons une telle répétition, nous soupçonnons à chaque fois qu'un mécanisme se trouve derrière ce vivant." Ainsi, comme le dit Freud, deux visages se ressemblant trop inciterait à rire car on penserait cette répétition comme s'ils avaient été conçus à partir d'un même moule ou selon une procédé de fabrication mécanisé. Bref, ce qui produirait cet effet comique, serait la comparaison du vivant avec le reproductible à n exemplaires. On peut dire que la mécanique génétique, c'est-à-dire la génétique moléculaire, a exactement inversé la parole de Pascal que je pourrais paraphraser ainsi: "Le vivant devrait toujours, selon notre attente, se répéter de façon complètement similaire. Là où nous ne trouvons pas une telle répétition, nous soupçonnons à chaque fois qu'un hasard malencontreux à déréglé le mécanisme." Bergson, qui pensait que l'un des ressorts du comique est la "mécanisation de la vie", passerait aujourd'hui son temps à s'esclaffer. Il n'aurait sans doute pas tort. Et nous de l'accompagner...

Jacques Jaffelin

 

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