Le sens des mots: racisme et antisémitisme: opinion ou phobies socialisées

J’ai entendu récemment à la radio une personne connue qualifier les actes récents à Paris de judéophobes d’abord puis d’antisémites, laissant entendre le dernier terme comme plus grave que le premier. En effet, les deux termes ne sont pas équivalents, mais pas comme cette personne le pense. La judéophobie (ou antisémitisme) et le racisme sont des phobies socialisées ou maladies (encore) considérés légalement comme des opinions, certes délictueuses, mais des opinions quand même. Mais, de mon point de vue, il s’agit bien de maladies, surtout comme celles-là, lorsqu’elles sont socialement contagieuses et que nous savons par expérience ce qu’elles ont déjà entrainé dans le passé de massacres, de guerres et de meurtres, et que cela continue encore de nos jours, tous les jours, ici ou là.

Ces phobies pathologiques, reposent sur de purs fantasmes apparemment aussi anodins que ceux qui profèrent que « la terre est plate »,  mais Il y a des fantasmes qui tuent davantage que les pires des virus connus.

Il faut donc, socialement, prendre en charge ces maladies, et d’abord, commencer par bien nommer les choses pour ne pas ajouter aux malheurs du monde, comme le disait Albert Camus. Ainsi, il faut éviter de reprendre les termes de leurs fantasmes (race, sémites, aryens,  etc.) comme si c’était des choses réelles. Que les choses soient bien claires!

Premièrement, un raciste est un malade car il n’y a pas de races, l’humanité est une espèce et aucune des différences entre les êtres humains ne peut être qualifiée de race.

Deuxièmement, un antisémite est également un malade car il n’y a ni sémites, ni aryens car ces termes sont les inventions même des antisémites. Seulement, pour que cela soit vraiment bien clair dans notre manière de penser, il faudrait l’enseigner dès l’école primaire. Personnellement, j’appellerais à légiférer sur ces points. Il y a des mots qui ne signifient rien en temps ordinaire, mais qui peuvent devenir des armes redoutables lorsqu’ils se retrouvent entre les lèvres de fanatiques dans les moments, guerres ou crises sociales, où la société entre en ébullition. On ne peut donc pas prendre cela à la légère.

Comment nommer les choses, alors? Si nous devons parler raisonnablement: nous devons bien nommer les maladies sociales mortelles et criminelles dont nous parlons: les personnes qui ont la haine des Juifs doivent donc être nommées judéophobes et livrées aux personnels médicaux spécialisés ainsi que celles qui ont la phobie d’autres êtres humains, quelles que soient les raisons fantasmatiques ou réelles invoquées: (« race », genre, homosexualité, etc.). Certains me posent la question: « Pourquoi doit-on distinguer les judéophobes des autres racistes?« . Tout simplement parce que les Juifs existent bel et bien, mais pas les races. Mais on peut dire négrophobe, arabophobe, judéophobe, etc. Quant à ceux qui utilisent le préfixe anti au lieu du suffixe phobe, ils tombent sous le même diagnostique et le même traitement.

Jacques Jaffelin, 22 janvier 2019; revu le 03 juin 2020

Comment briser la course mortelle du capitalisme mondialisé?

Je vais partir d’une émission de radio ou P. Manent, philosophe, parlait de son dernier livre sur les droits de l’homme et le droit naturel et dont les propos m’ont rendu furieux.

A priori, ça part toujours d’une bonne intension et, comme l’enfer, on y entend les idées les plus réactionnaires se parer de vertu philosophique pour tenter d’interpréter le monde d’aujourd’hui. Mes propos n’ont jamais été philosophiques dans le sens courant du terme. Je ne pense pas en termes d’entités closes et éternelles, mais en terme de processus. Je ne cherche pas à interpréter mais à répondre à la question: que faut-il faire maintenant, pour échapper à l’autodestruction programmée? Il n’est pas utile de se demander si cela est possible car nous n’avons plus que le choix de la survie.

P. Manent déplore que toute notre vie sociale, actuelle et récente, se fondant selon lui aujourd’hui quasi uniquement sur les droits de l’homme (ou de l’individu désirant), détruise ainsi progressivement ce qu’il appelle notre « droit naturel » culturel et historique. Il considère que ce qui fait une communauté est régit par une loi naturelle séculaire sans le respect de laquelle il devient impossible de faire société. Mais ce qui était déjà difficile, dans un pays ou une aire culturelle donnée (en fait surtout la nôtre pour P. Manent qui s’en préoccupe beaucoup plus que des autres), devient très problématique lorsqu’une forte population d’immigrants de cultures différentes s’installe et revendique ses propres « droits naturels » différents. Dès lors, selon l’auteur, il n’y a plus de fondements communs socio-culturels mais seulement des communautés qui vivent côte à côte avec des vies, des perspectives, des modes de penser qui empêchent toute unité culturelle, toute vie et perspective commune. Le bien commun donné par le « droit naturel » disparaît. Bref! la France n’est plus la France, l’Europe n’est plus l’Europe! Et ainsi de suite… Airs connus. Voyons y de plus près!

  1. Ce que P. Manent nomme les « droits de l’homme » n’est que le récent processus mis en place par le capitalisme, autrement dit par ceux qui le dirigent et/ou par ceux qui le soutiennent, après la grande peur des années d’après-guerre, afin d’éradiquer toute forme de communauté d’intérêts communs, de solidarité, de biens communs, de service public et d’éthique qui pourraient entrer en résistance non seulement contre l’exploitation du travail, mais contre la privatisation généralisée de tout, la libération du business for all, bref contre le capitalisme triomphant et pour la justice, la liberté, le bien commun et la joie de vivre. Il s’agit d’un processus, habilement programmé et appliqué systématiquement, destiné à réduire toute société à des individus isolés devant leur TV, leur smartphone, leurs jeux vidéo, leurs sites porno et leurs listes d’achats compulsifs; des individus qui ne pensent qu’à consommer et réduits non pas uniquement, comme le dit l’auteur, à leurs désirs nouveaux de droit personnel — l’homosexuel(le) réclamant son droit à l’enfant par la GPA ou la PMA ou la femme musulmane son droit à être voilée) —, mais à leur droit de consommateur: le fameux pouvoir d’achat. Même la gauche est tombée dans le panneau les deux pieds dedans. Pour l’auteur, ces derniers droit individuels qui, pour lui, sont des droits de l’homme au même titre que le droit de dire ce qu’on pense ou le droit de croire ou non (alors qu’ils sont de nouveaux droits que l’on vient d’inventer et qui correspondent ici ou là à l’évolution des mœurs), sont des droits qui mettent en péril les mœurs communes héritées de nos ancêtres et qu’ils nomment « droit naturels » (sic). Ce qui n’est pas faux, puisqu’on les a justement demandés pour cela. Mais ce n’est pas tout.
  2. Ce qu’il nomme « droits naturels » remis en cause par les nouveaux droits de l’homme (qui sont aussi, au passage, droits de la femme, des enfants, des animaux, des plantes et de notre environnement), sont des traditions historiques qui reposaient sur un mode de vie qui est en train sinon de disparaître, du moins de devenir très minoritaire. Il parle du « mariage » en déplorant qu’il ne signifie plus une union destinée à perpétuer l’espèce; ce qu’il est depuis que l’humanité existe, selon lui. Je dis selon lui, car il semble ignorer les groupes humains qui vivent différemment et qui pratiquent toujours certains de ces nouveaux droits ici, par exemple, la GPA, depuis des millénaires, ce que chaque ethnologue sait et que Claude Lévi-Strauss a eu l’opportunité de rappeler il y a quelques années. Et je l’ai moi-même constaté chez les Inuit.
  3. Il déplore ainsi l’accueil des migrants qui engendre un bouleversement considérable dans notre culture et qui met en danger notre manière de vivre ensemble. Curieusement, il oublie que ce qui a bouleversé tout l’équilibre du monde au XIX siècle, c’est l’essor mondial du capitalisme avec la colonisation qui détruisit en quelques années des milliers de cultures millénaires avec les familles, les enfants, les hommes, les animaux, le sous-sol, etc. réduits à l’esclavage et/ou à l’exploitation la plus cruelle, sans parler des massacres. Combien de ces « droits naturels » nos ancêtres directs ont-ils détruits non seulement sans aucune vergogne, mais avec fierté? Et tout cela, au nom de notre belle civilisation aux « droits naturels » (sic) à préserver. Et on voudrait que tout cela n’ait eu aucune conséquence? Que leurs enfants, leur petits-enfants et leurs arrière petits-enfants, ne s’en souviennent pas? Mais sortez de votre ordinateur Monsieur Manent, et parlez, parlez autour de vous et écoutez ce que le monde à a vous dire!
  4. Vous avez sans doute remarqué, dès que l’on parle de naturel, de nature et autre concept aussi sacré que vide, tout le monde se tait et bafouille. On ne touche pas au « naturel ». Ah! Le mariage sacré, droit naturel depuis des millénaires. Il faut bien être un homme pour affirmer cela. Je ne savais pas qu’il y avait des droits ou des lois naturelles. Pour moi, ce que nous nommons la nature ne connait ni principe, ni fin et donc ni lois. Les lois sont inventions des hommes par lesquelles ils expriment leur désir de puissance, voire de toute-puissance, leur insatiable « appétit », pour reprendre le mot de Spinoza. Mais les inventions humaines sont également naturelles. Car il n’y a rien d’autre que la nature dans la nature. La nature est tout ce qui existe. Tout ce qui est, est nature. Même ce que dit P. Manent est naturel. Et la culture est aussi nature. La nature est bonne fille. Oui! Je pratique l’ironie aujourd’hui, parce que je suis en colère. Il y a des jours où j’en ai assez. Et je commence à me faire vieux. Le seul philosophe que je tiens en considération pour nous avoir éclairés à ce propos est Spinoza. Beaucoup de professeurs de philosophie parlent de lui, on en parle même à la radio et à la TV, mais je n’en n’ai pas encore vu un seul qui pratique sa pensée immanente. Et c’est parce que nous avons cru jusqu’à aujourd’hui à nos récits mythiques, là où sont inscrits ces fameux « droits naturels » qui nous disaient que nous étions posés sur la nature par quelque dieu, que nous nous sommes crus culturels et non naturels. Il n’y a pas encore si longtemps, nous nommions « sauvages ou « naturels » ces semblants d’hommes à qui nous accordions le rang « naturels » des d’animaux. Dans culture il y a culte. Voyez le résultat! J’entendais ce matin même une journaliste s’étonner de la vie des indiens de Guyane qui se battent en moment même contre la mise en service d’une mine d’or soutenu par le gouvernement français, qui va détruire leur mode de vie. Et elle disait, je la cite: « ils vivent comme s’ils étaient une partie de la nature. » Incroyable, non! Elle était incapable d’imaginer, comme nous tous encore, que nous sommes tous une partie de la nature, et pas seulement les indiens. Mais eux le savent beaucoup plus clairement que nos écolos qui l’ignorent encore.
  5. Nous sommes engagés, que nous le voulions ou non, dans un processus auto-destructif désormais mondialisé et dont les seuls bénéficiaires, si je puis dire, sont des personnes dont le seul but de l’existence est de devenir de plus en plus riches. Autrement dit d’accumuler et d’accumuler toujours plus de monnaie. Voici ce qu’en disait G.M. Keynes en 1930 dans un article intitulé Economic possibilities for our grand-children: « L’amour de la monnaie est une dégoutante morbidité, une de ces semi-criminelle, semi-pathologique propensions qui devrait être traitée par les spécialistes des maladies mentales ». Nous en sommes loin, toute la planète devient folle! Il est inutile de rajouter ce que nous savons tous. Et qu’on ne nous dise pas que les fous de l’accumulation sont utiles pour le progrès et la croissance. L’accumulation d’argent n’est rien d’autre qu’une métastase mondiale qui conduit notre espèce au cancer généralisé, autrement dit à la mort.
  6. Nous sommes donc entrés dans une phase dramatique de l’histoire humaine que même Shakespeare n’aurait pu imaginer. Il semble que le processus en cours soit bel et bien irréversible et qu’il ne nous reste plus qu’à attendre le pire. Mais comme nous autres, les vivants, sommes encore capable d’envisager de vivre autrement, la seule question qu’il convient de se poser et d’y répondre si nous le pouvons est: comment briser le cancer capitaliste désormais mondialisé qui nous conduit à l’autodestruction? Je voudrais proposer cette réflexion:

— Il va nous falloir d’abord sortir des entités étatiques actuelles aux objectifs impériaux et autres en construisant des ensembles humains nouveaux, plus petits, dans lesquels un processus démocratique réel (élections avec révocabilité à tous moment) puisse se mettre en place. Ces ensembles humains ne pourront pas être fondés sur de soi-disant « droits naturels » ancestraux et retrouvés, mais au contraire sur une perspective de vie commune à inventer, comme nous en voyons se développer ici ou là (ZAD, monnaie locale, vente directe des primeurs aux particuliers par les producteurs eux-mêmes, etc.) et qui ont tous comme caractéristique la non capitalisation, le recyclage et la vie saine et joyeuse. Pourrait alors se retrouver tous ceux, quelle que soit leur religion, leur langue d’origine ou autre, leur nationalité antérieure, etc., qui veulent partager et désirer cette autre vie. Une telle communauté est encore à inventer, mais si l’on y fait bien attention, nous pouvons voir ici ou là les prémisses fécondes à quoi elle pourrait ressembler avant que le pouvoir en place ne décide d’envoyer ses chiens.

— Il me semble aussi important pour cela de renoncer à notre croyance au temps linéaire qui est justement le temps de l’accumulation infinie et du soi-disant progrès, pour le remplacer par les rythmes de la vie. Einstein avait déjà montré, mais sans grand succès auprès de ces collègues qui ne cessent de l’encenser, que le temps est une illusion. J’ai écrit plusieurs livres à ce sujet. Nous ne constatons que des rythmes, en nous, en dehors de nous. La durée de nos vies est un rythme, celui de la génération. Les générations qui se suivent sont des rythmes, le jour, la nuit, la Lune, la Terre, le Soleil, et ainsi de suite sont des processus rythmiques. Et il n’y a pas de rythme de tous les rythmes, sauf si nous retournons à Aristote et à son équivalent moderne, le Big Bang, autrement dit, là où rien devient quelque chose, autrement dit le commencement du TEMPS LINÉAIRE. Sortons de cette folie funeste pour trouver la bonne vie! Nous aurons alors enfin compris que nous ne sommes ni sur la nature, ni dans la nature, mais de la nature, comme toutes les autres espèces, minérales, végétales et animales.

Jacques Jaffelin, 17 Juin 2018

Théorie de l’information générale ou Essai d’épistémothérapie culturelle

1. La seconde édition de mon « Tractatus logico-ecologicus » vient de paraître sous le titre malencontreux, de « Théorie de l’information générale ». Le sous-titre, « ou la quatrième vexation » me plaît davantage. Mais en fait, j’aurais dû l’intituler « Essai d’épistémothérapie culturelle », car il s’agit bien de pathologie, au sens propre du terme, de la pensée culturelle, et plus particulièrement, de la pensée dite occidentale, autrement dit, de celle qui est apparue dans l’aire culturelle, qui va des rives du Tigre et le l’Euphrate, jusqu’en Grèce puis dans l’Europe entière et qui essaima progressivement dans le reste du monde.

Je voudrais maintenant m’appliquer à poursuivre ce que j’ai laissé en projet à la fin de mon avertissement à la seconde édition et dans les Notes qui la suivent…

2.

What do you want to do ?

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Comment juge-t-on un être humain… suite

Encore une polémique en France sur Céline. Je voulais juste rappeler ce que j’ai déjà écrit dans ce blog et publié dans: Où va la Civilisation?,  p. 100.

« …. Cela m’a conduit à penser aux personnes qui rendent régulièrement hommage à Céline pour ses talents d’écrivain. C’est comme si on rendait hommage à Hitler pour ses talents de peintre ou de tribun … »

 

Je n’ai rien à ajouter

Jacques Jaffelin janvier 2018

L’angoisse humaine et la vague suivante de l’évolution

On a toujours tendance à penser que notre angoisse fondamentale est la peur de la mort. Nous nous imaginons ainsi que nous serions les seuls vivants à avoir conscience de notre néantisation. Ce qui est conforme à notre autre mythe selon lequel nous serions les seuls à posséder la conscience d’être soi. Nous sortons petit à petit de cette arrogance depuis peu. Très peu, en fait.

Nous sommes maintenant prêts à accorder aux végétaux des sentiments d’existence. Notre fameuse science fondée sur la mécanisation générale des esprits et du monde, a quand même fini par accepter ce que d’autres être humains, vivants sous d’autres latitudes, reconnaissent depuis la nuit des temps.

Mais notre angoisse fondamentale n’est peut-être pas celle de la mort. Elle me semble plutôt liée au fait que nous n’avons pas de prédateurs plus puissants que nous. Les autres êtres vivants ont tous, selon leur espèce, des prédateurs, c’est-à-dire des êtres plus forts qu’eux à qui ils servent de nourriture ou avec qui ils rivalisent. Le prédateur suprême aujourd’hui est l’être humain pour tout ce qui est vivant et non vivant. Nos plus grands prédateurs, à nous autres êtres humains, ce sont nos congénères eux-mêmes. Oui! L’homme est bien un loup pour l’autre homme qu’il considère comme une brebis.

Nous avons alors inventé les dieux pour tenter de ne pas mourir de cette quête de la puissance absolue. Cette invention n’est pas innocente puisque ce sont justement ceux qui désiraient cette puissance qu’ils l’ont inventé: les prêtres, les rois et leurs serviteurs: les soldats. Ce faisant, la toute-puissance était projetée hors de soi, hors même du monde pour les religions monothéistes. Le délire de toute-puissance se trouvait du même coup apprivoisé et contrôlé relativement. Mais, nous étions toujours à la merci d’un césar, d’un tribun, se prenant pour le sauveur suprême. Mais l’amour suprême du sauveur c’est toujours le pouvoir suprême. Et le dieu est toujours le dieu des armées.

Cliniquement parlant, cette projection ne marche que lorsque l’on ne s’en sert pas. C’est-à-dire peu souvent et peu de temps. Le délire de toute-puissance a toujours court et la projection psychique a progressivement été remplacée par la projection tout court: celle des boulets de canon, puis des bombes en tous genres. Mais aussi par l’accumulation de richesses, de capital. L’expression la plus moderne de la quête de la toute-puissance.

Je relisais récemment La Religion du Capital de Paul Lafargue publiée en 1886. Elle n’a pas pris une ride. Il avait déjà raison, le gendre de Marx, qui écrivait, avec l’humour en plus: « le véritable dieu, le dieu vivant, c’est le Capital ».

Ainsi, nous autres êtres humains, qui nous attendons toujours à être supplantés, voire sauvés, par des êtres plus forts que nous (dieux, extra-terrestres, monstres de toutes sortes qui peuplent toujours notre mythologie moderne), nous n’avons même pas encore réalisés, dans le sens propre du terme, c’est-à-dire débarrassés de nos névroses enfantines, que nous sommes à la fois prédateur et proie. Y parvenir serait le signe que la prochaine vague arrive.

Jacques Jaffelin