Avant propos épistémique… L’Identité: un virus pire que le Covid 19

Identité: un virus pire que le Covid 19
Je me propose ici de mettre à jour mes propositions épistémiques car bien qu’à chaque jour succède un autre jour, notre langage persiste à utiliser des concepts clos. Nous n’avons pas encore appliqués ni même compris ce que Lavoisier voulait nous dire. Revoyons cela! Si nous prenons sérieusement sa proposition dans la formule: « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme! », alors nous devons aussi l’appliquer à nos concepts que ce soit en physique, en chimie, en médecine ou en sciences sociales et surtout, dans le langage courant. Je ne prendrai que l’exemple de l’Identité, désormais tellement virale aujourd’hui qu’on ne cesse d’en parler partout et pour tout.

Ainsi, en sciences physiques par exemple, on parle d’un atome comme s’il s’agissait d’un ensemble clos aux propriétés stables et définies. Il faudrait plutôt alors dire, un processus d' »atomation » en cours lorsque nous l’observons tandis qu’il est en cours de processus inclus dans un autre et ainsi de suite. Pardon pour ce néologisme destiné à illustrer les pièges du langage et pour illustrer rapidement qu’il n’existe pas d’atome en tant que phénomène stable.

Et bien sûr, nous-mêmes en tant qu’être vivant, nous ne sommes pas une identité et nous n’en n’avons pas davantage une — excepté pour l’État afin que ce dernier soit sûr que notre identification permette de suivre le même processus vital de notre naissance à notre mort. Tout ce qui est existant est un processus en cours au sein du processus général. A chaque fois que j’entends un être humain demander à un autre comment il définirait son identité, je ne suis pas loin de l’humeur noire et du chagrin profond du misanthrope de Molière. De même lorsqu’on demande à un biologiste: qu’est-ce que la vie? C’est plutôt au Macbeth de Shakespeare que je pense:

« Life’s but a walking shadow, a poor player that struts and frets his hour upon the stage, and then is heard no more. It is a tale told by an idiot, full of sound and fury signifying nothing. »

« La vie n’est qu’une ombre qui marche, un pauvre joueur, qui se pavane et se tourmente son heure durant sur la scène et puis qu’on n’entend plus. C’est une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, ne signifiant rien. » (Traduction JJ)

Tout me laisse alors penser avec l’aide de Shakespeare que l’endémie identitaire est bien là. Cependant, elle bat de l’aile! Voyons!
Je pense que c’est notre manière de parler qu’il faut changer avant toute autre chose. Car seul, j’en suis maintenant convaincu, un certain changement du langage parlé constituerait un vaccin efficace pour guérir le monde humain contaminé par le virus mortel de l’Identité. Je traiterais de cela plus précisément plus tard. Cette endémie uniquement humaine mais mondiale, source de tous nos maux sociaux et de nos guerres stupides, passe inaperçue alors qu’elle nous crève les oreilles. Changer notre manière de parler et nous défaire de l’identité nous donnent une change de nous en sortir. Exemple: Changeons tout de suite identité en identification. Cela n’est pas grand chose, mais ça change tout.

Nous avons tous créés des processus d’identification avec lesquels nous jouons au gré des circonstances et de nos désirs au cours de notre vie. Nous ne sommes pas seulement plusieurs, nous ne sommes pas du tout, dans le sens où nous serions un état sable, je dirais plutôt que nous sommes-en-train de-. …. Même la langue est un processus en cours. Lavoisier, comme Shakespeare nous invitent à créer ce que je ne peux que nommer une « languation », autrement dit un processus de création permanent de langage, en accord ou non avec nos autres processus créatifs et vitaux. Pour le moment, je prie le lecteur de saisir avant tout le sens de mon propos ainsi que la perspective en cours sans trop se préoccuper de la forme car je dois pouvoir faire mieux ou sinon, les choses devraient se clarifier (tout en se complexifiant) au fur et à mesure de la lecture. Tout est en train de … et tout est processuel. Rien n’est stable. Le désir de stabilité ou de stabilisation du monde est un désir de tyran et donc de mort.

Je constate en outre, que ce que nous croyions stable, depuis des siècles — dans notre civilisation en tout cas — comme par exemple les « identités » sexuelles est aujourd’hui remise en question dans tout le monde humain. Et c’est à cœur joie, lorsque c’est possible, que l’on se met à faire éclater toutes les identités, figées dans le langage, mais non dans les corps depuis des siècles dans nos civilisations, pour proposer maintenant de nouvelles identifications.

Attention alors à bien saisir qu’il ne s’agit pas de nouvelles identités, mais de nouvelles identifications. Je comprends que tout cela ne convient pas à ceux qui défendent la toujours la sacro-sainte « Identité ». Mais c’est trop tard! Le processus est enclenché… Il suffit de peu de choses pour que les utilisateurs de chaque medium (TV, radio, Internet, etc.) s’y mettent …. La finalisation des identités est désormais un processus en cours. Gardons nous donc de l’identité comme du COVID; et vivons nos multiples désirs d’identifications avec joie et plaisir!

Jacques Jaffelin, Juin 2021

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