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Pourquoi existe-t-il quelque chose plutôt que rien?

Voilà de quoi réfléchir! Je dirais même, le reste n’est que détails pour paraphraser Einstein.

Or donc, il existe quelque chose. Cette chose nous l’appelons Univers. Et depuis quelques années, il a été proposé de penser qu’il est en expansion. Mais si l’univers peut s’étendre, c’est que l’univers avait de la place pour le faire. Et qu’en fait, ce qu’on appelait l’Univers, n’était pas tout ce qui existe puisqu’il avait encore de l’espace pour s’étendre. A moins que l’on considère que cet Univers est toujours le TOUT, et qu’il s’étend en créant lui-même l’espace nécessaire à partir de rien. Mais alors, nous revenons à l’aporie précédente, autrement dit que le TOUT est un paradoxe. Si l’univers avait de l’espace pour s’étendre, c’est que l’univers n’était pas tout; puisque le vide est quelque chose qui peut être rempli. Et s’il peut être rempli c’est qu’il y avait de l’espace pour le remplir. Or l’espace et le temps sont précisément les deux choses ou concepts fondamentaux qui nous permettent de penser l’Univers. Ou plutôt, d’inventer dans notre pensée et notre langage, cette notion d’UN, ou d’Univers. Mais alors, qu’y avait-il avant l’Univers? S’il n’y avait rien, comment passer de rien à quelque chose? S’il y avait un espace, la question est la même, car l’espace est aussi quelque chose. Ce qui revient donc à se reposer la question précédente ainsi: comment passer de rien à de l’espace?

J’entends en ce moment, à la TV française, un physicien que je connais bien, qui proclame aussi aisément l’âge de l’univers que celui de ses amis, mais qu’en fait, dit-il, nous devons reconnaître que nous savons beaucoup moins de choses que l’on croyait. Voilà un grand progrès! Mais comment peut-il être en mesure de mesurer son ignorance et d’évaluer précisément ce qu’il prétend précisément savoir puisque ce que nous appelons savoir est la capacité de reproduire des choses que nous savons faire. L’observation des astres s’est certes affinée depuis les dernières années par la précision et la puissance des récents télescopes, mais observer n’est ni connaître ni savoir; ce n’est que savoir observer.

Pour ma part, je pense même depuis longtemps et pour l’avoir écrit ici et ailleurs il y a longtemps maintenant, qu’en dehors de tout ce que nous savons faire et reproduire, nous ne savons que répéter ce que l’on nous a enseigner ou ce que nous avons appris nous-mêmes. Ces astrophysiciens rêvent devant l’inaccessible mais ne font pas de science, ils croient savoir. Et c’est le mieux qu’ils peuvent faire….

A suivre…

Jacques Jaffelin, 09 Août 2021

Avant propos épistémique… L’Identité: un virus pire que le Covid 19

Identité: un virus pire que le Covid 19
Je me propose ici de mettre à jour mes propositions épistémiques car bien qu’à chaque jour succède un autre jour, notre langage persiste à utiliser des concepts clos. Nous n’avons pas encore appliqués ni même compris ce que Lavoisier voulait nous dire. Revoyons cela! Si nous prenons sérieusement sa proposition dans la formule: « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme! », alors nous devons aussi l’appliquer à nos concepts que ce soit en physique, en chimie, en médecine ou en sciences sociales et surtout, dans le langage courant. Je ne prendrai que l’exemple de l’Identité, désormais tellement virale aujourd’hui qu’on ne cesse d’en parler partout et pour tout.

Ainsi, en sciences physiques par exemple, on parle d’un atome comme s’il s’agissait d’un ensemble clos aux propriétés stables et définies. Il faudrait plutôt alors dire, un processus d' »atomation » en cours lorsque nous l’observons tandis qu’il est en cours de processus inclus dans un autre et ainsi de suite. Pardon pour ce néologisme destiné à illustrer les pièges du langage et pour illustrer rapidement qu’il n’existe pas d’atome en tant que phénomène stable.

Et bien sûr, nous-mêmes en tant qu’être vivant, nous ne sommes pas une identité et nous n’en n’avons pas davantage une — excepté pour l’État afin que ce dernier soit sûr que notre identification permette de suivre le même processus vital de notre naissance à notre mort. Tout ce qui est existant est un processus en cours au sein du processus général. A chaque fois que j’entends un être humain demander à un autre comment il définirait son identité, je ne suis pas loin de l’humeur noire et du chagrin profond du misanthrope de Molière. De même lorsqu’on demande à un biologiste: qu’est-ce que la vie? C’est plutôt au Macbeth de Shakespeare que je pense:

« Life’s but a walking shadow, a poor player that struts and frets his hour upon the stage, and then is heard no more. It is a tale told by an idiot, full of sound and fury signifying nothing. »

« La vie n’est qu’une ombre qui marche, un pauvre joueur, qui se pavane et se tourmente son heure durant sur la scène et puis qu’on n’entend plus. C’est une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, ne signifiant rien. » (Traduction JJ)

Tout me laisse alors penser avec l’aide de Shakespeare que l’endémie identitaire est bien là. Cependant, elle bat de l’aile! Voyons!
Je pense que c’est notre manière de parler qu’il faut changer avant toute autre chose. Car seul, j’en suis maintenant convaincu, un certain changement du langage parlé constituerait un vaccin efficace pour guérir le monde humain contaminé par le virus mortel de l’Identité. Je traiterais de cela plus précisément plus tard. Cette endémie uniquement humaine mais mondiale, source de tous nos maux sociaux et de nos guerres stupides, passe inaperçue alors qu’elle nous crève les oreilles. Changer notre manière de parler et nous défaire de l’identité nous donnent une change de nous en sortir. Exemple: Changeons tout de suite identité en identification. Cela n’est pas grand chose, mais ça change tout.

Nous avons tous créés des processus d’identification avec lesquels nous jouons au gré des circonstances et de nos désirs au cours de notre vie. Nous ne sommes pas seulement plusieurs, nous ne sommes pas du tout, dans le sens où nous serions un état sable, je dirais plutôt que nous sommes-en-train de-. …. Même la langue est un processus en cours. Lavoisier, comme Shakespeare nous invitent à créer ce que je ne peux que nommer une « languation », autrement dit un processus de création permanent de langage, en accord ou non avec nos autres processus créatifs et vitaux. Pour le moment, je prie le lecteur de saisir avant tout le sens de mon propos ainsi que la perspective en cours sans trop se préoccuper de la forme car je dois pouvoir faire mieux ou sinon, les choses devraient se clarifier (tout en se complexifiant) au fur et à mesure de la lecture. Tout est en train de … et tout est processuel. Rien n’est stable. Le désir de stabilité ou de stabilisation du monde est un désir de tyran et donc de mort.

Je constate en outre, que ce que nous croyions stable, depuis des siècles — dans notre civilisation en tout cas — comme par exemple les « identités » sexuelles est aujourd’hui remise en question dans tout le monde humain. Et c’est à cœur joie, lorsque c’est possible, que l’on se met à faire éclater toutes les identités, figées dans le langage, mais non dans les corps depuis des siècles dans nos civilisations, pour proposer maintenant de nouvelles identifications.

Attention alors à bien saisir qu’il ne s’agit pas de nouvelles identités, mais de nouvelles identifications. Je comprends que tout cela ne convient pas à ceux qui défendent la toujours la sacro-sainte « Identité ». Mais c’est trop tard! Le processus est enclenché… Il suffit de peu de choses pour que les utilisateurs de chaque medium (TV, radio, Internet, etc.) s’y mettent …. La finalisation des identités est désormais un processus en cours. Gardons nous donc de l’identité comme du COVID; et vivons nos multiples désirs d’identifications avec joie et plaisir!

Jacques Jaffelin, Juin 2021

L’esclavage est-t-il vraiment fini? Justice et liberté maintenant et partout!

En dehors de la monstruosité de l’esclavage des empires coloniaux britanniques, français et autres, avec les déportations de centaines de milliers d’êtres humains pendant plus de 300 ans, de l’indemnisation des propriétaires d’esclaves (et non des ex-esclaves) lorsque les britanniques et les français l’abolirent officiellement dans leur pays et, de ce que tout cela a quelque chose de répugnant aujourd’hui pour ceux qui découvrent les horreurs que leurs ancêtres ont perpétrées et pour les autres, ce qu’ils ont subit; il reste encore beaucoup de choses à faire pour que « Justice » et « Liberté » soient encore des mots qui aient un sens. N’oublions pas que Marx, qui n’ignorait pas l’esclavage, désignait le salariat des ouvriers industrialisés par le capitalisme comme la forme moderne de l’esclavage inventé récemment par les fils des esclavagistes recyclés en « entrepreneurs« ; le terme fait plus acceptable que maître, et a même fini par devenir, à force, très respectable… tellement même que les nouveaux esclaves (salariés) ont même fini par en redemander puisque c’était ça ou la famine. Mais si l’on y réfléchit un peu… On pourrait peut-être repenser à supprimer cet esclavage aussi, comme Marx et les autres, nous y avait invités il y a déjà longtemps mais dont les principes qu’ils proposaient pour y parvenir ont été dévoyés; ce qui doit nous empêcher de jeter le bébé avec l’eau du bain et de trouver plutôt des moyens réalisables aujourd’hui… On dirait parfois que tout fini par se transformer en son inverse; et le salariat, d’esclavage moderne, est devenu un mode de vie enviable et même inévitable; c’est le salariat ou le chômage aujourd’hui, pour la grande majorité de la population. La fin du salariat ou, autrement dit, de l’esclavage moderne serait le début du règne des libres producteurs et de l’organisation sociale qui va avec: la production socialisée des services et des biens communs. Seulement, il faudra bien tenir la route, cette fois…

Postscriptum: Puisque nous en parlons en ce moment un peu partout, la question: « Faut-il réparer et payer les dettes des dommages provoquées dans le passé par les colonisateurs et le racisme institutionnel aux peuples spoliés, exploités, méprisés, réduits en esclavage et/ou au travail forcé »?. La réponse est définitivement OUI! Et maintenant!

Et J’allais dire, pour paraphraser une certaine personne: « Quoiqu’il en coûte! »

JJ

150 ans après….

« La Commune de Paris de 1871 ». Et maintenant? Imaginer une nouvelle commune de Paris ou d’ailleurs n’est pas chose facile. Il n’y a eu qu’une Commune de Paris, et quelques tentatives dans les grandes villes de Province au même moment. Deux mois! Pendant deux mois, le rêve de cette fin du XIX siècle porté par le mouvement ouvrier internationaliste révolutionnaire se réalisa. Puis le massacre de la répression et des dizaines de milliers de déportés opérés par l’armée versaillaise priva le mouvement pendant les années suivantes de ses meilleur(e)s éléments. Il est certain que ces assassinats ont eu des répercutions sur la suite du mouvement et en ont refroidi plus d’un. Tout a déjà été dit à ce sujet et je n’ai rien de nouveau à rajouter. La Commune est célébrée aujourd’hui par une partie de ceux qui la massacrerait si elle se présentait maintenant. Bien sûr! bien sûr, ils n’ont rien à craindre, ça n’arrivera pas. Il n’y a eu qu’une Commune de Paris et il n’y en aura pas d’autres… L’Histoire ne bégaie pas!
Mais…

Pensées inopportunes et intempestives

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… « Nous sommes à n’en pas douter la pire des espèces vivantes que la Terre à engendrée depuis les dinosaures; nous avions une chance, nous avons même eu plusieurs chances, d’éviter la monstruosité, mais nous n’avons pas su en prendre aucune. Peut-être que cette planète a une tendance à créer des monstres avec, ce que nous considérons probablement justement comme une singularité: le vivant; qu’elle finit cependant par éradiquer. »

Je pense cela de temps en temps, les jours où, comme on dit au Canada francophone « j’ai les bleus ».

Mais si tout cela a du sens, notre tour va venir et cette planète dont nous sommes issus va peut-être poursuivre ses créations et destructions expérimentales, si je puis dire, et contre lesquelles nous serons cette fois, totalement impuissants; c’est peut-être pour bientôt! Qui sait?

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La question fondamentale est quand même et toujours celle d’accepter notre impuissance, ou plus exactement de renoncer à notre délire culturel de toute-puissance.

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Il y a aussi la question de la croyance. Que signifie croire; en quoi que ce soit: les dieux, les lois, l’humanité, le bien, le mal, etc..?… est importante à plus d’une titre. Car elle détermine notre capacité à dialoguer et à maintenir ou non cette capacité. Mon point de vue est que dès que l’on croit en quelque chose on cesse de penser à cette chose. L’acte de croire — car il s’agit bien d’un acte involontaire ou volontaire — fige la pensée exactement là où la croyance commence. Mais celui qui croit peut malgré tout questionner sa croyance, autrement dit, briser cette fixation en libérant à nouveau sa pensée. Avons-nous besoin de croire? C’est ce que pense les croyants et pas seulement les religieux. Toute croyance est à la pensée ce qu’une apathie momentanée est à un membre. Le contraire de la croyance n’est donc pas la non-croyance, qui n’est finalement que la forme négative de la croyance; c’est plutôt, de mon point de vue, l’entretien permanent du désir de garder la liberté de penser pour dialoguer même avec le diable.

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Sommes-nous seuls dans l’univers? C’est la question qui revient de temps en temps et surtout en temps de crise; pour aller vite je dirais, pour plaisanter un peu, qu’elle n’a pu être inventée que par des gens qui ne regardent pas autour d’eux. Quand à la question s’il existe la vie ailleurs que sur la Terre, il me semble clair qu’à moins de considérer que la vie se fut développée sur la Terre à partir d’un germe apporté par un astéroïde, il n’y aucune raison de penser que la nature aurait fait deux fois la même chose. Même les jumeaux ne sont jamais identiques, et il n’y a pas deux atomes, deux particules identiques, sauf pour les biologistes et les physiciens, car sans cette croyance à l’identité et à la répétition, aucune science, telle que nous concevons cette activité n’est possible. Le processus vital semble tellement…. en fait inqualifiable logiquement dans nos termes scientifiques, que pour imaginer que la vie existe ailleurs il faudrait que la nature fasse deux ou plusieurs fois la même chose dans des conditions différentes ou pire que la vie n’aurait rien à voir avec des conditions spécifiques. C’est ainsi que nous les avons entendus tous, récemment encore et à tour de rôle, nous faire part de leurs visions de systèmes solaires et planétaires un peu partout dans la Galaxie et dans l’Univers; et à ce compte ces milliards de systèmes et leurs planètes auraient même fini par engendrer des astrophysiciens capables de penser exactement la même chose que ce qu’ils sont en train de penser mais sur ces milliards de planètes dans des milliards de systèmes solaires…. etc…  On se retrouve alors à nager en plein délire narcissique généralisé et paradoxal!

Mais continuons un peu! Après avoir contemplé, avec l’admiration nécessaire pour cet exploit techniques, les premières photos sur Mars, il est clair que si la vie a existé un jour sur Mars, cette planète ne devait pas être sur son orbite actuelle. On peut certes imaginer, que les conditions pour que la vie organique émerge aurait pu être possible à un moment de la « formation » (1) du système solaire où les planètes, engendrés successivement par notre étoile, le Soleil, dans l’ordre que nous connaissons, passèrent un « moment orbital », exactement là ou la Terre se trouve et où la vie est possible. Je spécule car, comme le disait Einstein à son ami Michele Besso: « Je pense qu’une spéculation hardie est à même de nous faire progresser, et non une accumulation d’expérience. Du matériau empirique incompréhensible, nous en avons plus qu’il ne faut. » Mais aujourd’hui nous ne pouvons plus échapper au fait démontré que Vénus est un four et Mars un désert de roches ferrugineuses. Si nous résumons la situation, pour que la vie soit possible il faudrait trouver une autre étoile, autrement dit un Soleil exactement identique au nôtre là où il se trouve avec la même histoire dans une Galaxie identique; une Vénus, la petite dernière arrivée, une Terre, une Mars, et toutes les autres planètes et météorites, et autres résidus de la génération de ce Soleil ….telles sont les conditions pour que la vie organique se développe (2). Et pas seulement une étoile quelconque et des planètes autour, n’importe d’où dans n’importe qu’elle galaxie. Y en a-t-il ailleurs que là où nous nous trouvons. Non! Mais si l’on continue à ne penser qu’en termes logico-mathématiques et mécanico-transcendantaux et non en termes de processus spécifiques immanents tout comme nous sommes tous… Nous ne survivrons pas. Car, comme le disait Spinoza dans l’Éthique: « Cet Être éternel et infini que nous appelons Dieu ou la Nature, agit avec la même nécessité qu’il existe… » … et son action, dont nous faisons partie, ne peut être que créative et ignore donc la répétition. La vie est création permanente. Notre civilisation est la mort car elle ne crée pas elle accumule des nombres. Pourtant elle est aussi de la nature. Mais cette accumulation n’est pas une répétition, c’est une morbidité civilisationnelle… Tout est en train de changer en ce moment. Il nous faut retrouver notre créativité, avant qu’il ne soit trop tard.

(1) Ce que j’ai voulu appeler, dans ma perspective, l’informotion ou processus informotionnel, afin de signifier l’unité dynamique de la forme et du mouvement. Je rappelle mon point de vue, que les concepts de formation et/ou d’information, sont des concepts mécaniques qui séparent dans le processus créatif, la forme du mouvement. C’est pourquoi, nous concevons habituellement dans notre science, qu’une forme peut se trouver à divers endroits tout en restant identique à elle-même. Comme s’il y avait une séparation entre la forme et le mouvement de cette forme; entre la formation (le processus créatif d’une forme) et la « mouvementation »  (le processus créatif d’un mouvement). Ce qui nous a nécessairement conduits à imaginer des tas de formes identiques partout (particules, atomes, molécules, organismes, individus, sociétés, étoiles, planètes, etc.); mais surtout billets de banque. Le tout pouvant s’accumuler à l’infini…

(2) Je voudrais aussi rappeler le principe d’équivalence que j’avais proposé dans mes ouvrages précédents notamment Le Promeneur d’Einstein selon lequel graviter est équivalent à issu de. Autrement dit, toutes les planètes du système solaire sont issues du Soleil; la Lune de son côté est donc issue de la Terre, etc… Ne vous inquiétez je suis le seul à le penser avec quelques amis depuis une bonne vingtaine d’années.

Jacques Jaffelin

12 avril 2020… et … février 2020