Le capitalisme est parvenu a son niveau maximal de nuisances

De quelle dette et de quelle crise s’agit-il?

 

Depuis la première « crise pétrolière » des années 70 les pays occidentaux et les USA en premier ont compris que leur niveau de vie étaient en danger eux qui vivaient, depuis plus d’un siècle sur le pillage des richesses des autres pays du globe. Alors, étant les maîtres de la monnaie et donc du commerce ils décidèrent que leur mode de vie n’était pas négociable et ils renièrent instantanément les règles du négoce et le libre-échange qu’ils avaient imposés aux pays dont ils voulaient accaparer les richesses. Ils firent donc fonctionner la planche à billets et maintinrent ainsi artificiellement le niveau de vie de leurs ressortissants. Ils fabriquèrent de la monnaie qui ne représentaient désormais rien d’autre que la puissance de leurs armées au lieu de représenter le travail et la créativité des êtres humains. Ce n’était plus une monnaie, c’est-à-dire un équivalent général de la valeur-travail, mais un rapport de forces militaro-politique. Ils soudoyèrent ainsi leurs peuples respectifs et les transformèrent en purs consommateurs. Consommez, profitez du confort et taisez-vous nous nous occupons du reste! Mais l’arrivée sur la scène de l’histoire économique des pays appauvris et pillés ne permet plus d’entretenir cette ignominie qui reposait sur le mensonge accepté inconsciemment tant que le niveau de vie des peuples dits occidentaux se maintenait sur le dos des autres peuples. Cette époque est maintenant définitivement révolue. Voilà déjà des années que nous parlons de cette tendance inévitable à la péréquation globale du niveau de vie dès lors que tous les pays entraient dans le commerce mondiale avec les mêmes armes financières et productives; dès lors que tous les pays seraient égaux. Ce processus est en cours. Mais le nouveau bobard qu’ils essaient de nous raconter maintenant consiste à nous faire croire que nous sommes redevables alors que ce sont eux qui, sans nous consulter, ont fabriqué depuis 40 ans de la fausse monnaie. Et nous serions donc endettés. Mais envers quoi, envers qui, vraiment? Il n’y a pas de dettes, il n’y a que tromperies, mensonges et exploitations. Ainsi, en voulant faire payer les peuples de leur crime, car la fausse monnaie est un crime, ils espèrent continuer à jouer à la roulette avec notre vie. Car la monnaie c’est le sang, les larmes, le plaisir aussi des créateurs de richesses, des travailleurs. Mais de cette bulle financière, de ces énormes quantités de monnaie, qui ne sont que de la fausse monnaie accumulée elles ne représentent rien d’autres que leur bassesse et leur déshumanisation. Nous ne sommes nullement redevable de cette usurpation économique. Le capitalisme de la fusion financière a perverti tout, la monnaie, les échanges, les États, toute la créativité humaine et l’a réduit a une course insensée à la puissance virtuelle des pixels. Il a usurpé l’économie politique, trompé les peuples et notre tâche est maintenant de le réduire au silence pour rétablir l’économie réelle fondée sur la vraie valeur de l’argent: le travail humain cristallisé en équivalent général pour l’échange des biens fabriqués par tous les êtres humains sur la terre.

Nous avons donc vécu tous autant que nous sommes, certains en l’ignorant, d’autres en le sachant très bien, pendant 40 ans (sans parler de la traite des noirs et du colonialisme) avec un niveau de vie qu’on ne méritait pas et qui reposait sur le pillage et l’appauvrissement systématique des autres peuples. Si nous devons maintenant nous réveiller, nous ne devons pas oublier cela. Et ce n’est certes pas le moment pour les grandes envolées lyriques, des grandes mises en scène spectaculaires et des rêves tout éveillés. Nous avons tous du travail, nous avons à construire le monde sur de nouvelles bases: des bases égalitaires, un droit démocratique mondial. Cela constitue la véritable dette que nous avons, non pas envers « les marchés » comme ils disent, mais envers les autres nations. Et la meilleure et sans doute la seule manière de la payer est de mettre définitivement fin à l’économie capitaliste et d’inventer un nouvel art de vivre fondé sur l’égalité des peuples, les échanges commerciaux justes avec des monnaies égales reposant sur la créativité et le travail humain uniquement. Et s’il doit y avoir une monnaie interétatique commune, qu’elle n’appartienne à aucun État qui pourrait jouer avec mais qu’elle soit contrôlée par l’ensemble des représentant démocratiquement élus des États du monde.

Il n’y a évidemment pas de crise aujourd’hui au sens que l’on entend partout. La crise n’est pas économique, la crise est la crise du mensonge entretenu qui est en train de se révéler mais que ses responsables continuent de masquer par l’invention de la crise de la dette et tout ce qui va avec. Ne nous laissons pas tromper une fois de plus. Au XVIIIe siècle commerce voulait aussi dire relation amoureuse. Il s’est transformé en marché de dupes généralisé. Le capitalisme est maintenant parvenu a son niveau ultime de nuisances. Remettons en route le processus mondial de démocratisation, de la déhiérarchisation des peuples et du commerce juste.

Jacques Jaffelin, avril 2012

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